Rentrée scolaire 2019-2019: Les libraires et parents d'élève en colère. Des établissements et enseignants transformés en librairie, ce que l'ABOLI-CI entend faire

Si la rentrée scolaire 2019-2020 est effective depuis la date indiquée par la ministre de l’éducation nationale, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle dans plusieurs établissements sur toute l'étendue du territoire, elle reste cependant une épine dans la gorge des libraires, des bouquinistes et des parents d'élèves qui ne savent plus à quel saint se vouer. Causes principales; certains enseignants et établissements substitués en librairies, invitant parfois les élèves se procurer obligatoirement les ouvrages auprès d'eux. Dayo Adama Paul, coordonnateur régional de l'association des bouquinistes et libraires de côte d'ivoire (ABOLI-CI) dans le Gbêkê a dénoncé ces pratiques observées dans la plupart des écoles dans la région qui d'ailleurs sont proscrites par le ministère. " Nous traversons de véritables problèmes dans notre métier surtout dans la région de Gbêkê notamment à Bouaké. Nous sommes en pleine rentrée mais aucun clients devant nos étalages. Les librairies ont déménagé dans les établissements, dans les écoles. Au début c'était quelques écoles mais aujourd'hui pratiquement toutes écoles sont spécialisées dans la vente d'ouvrages scolaires. Quant aux professeurs, ils se sont substitués en vendeur de livres " a déploré le premier responsable régional de l'ABOLI-CI. Soutenant que l'année dernière sur 500 cahiers d’habileté commandés ce ne sont que 85 qu'il a pu évacuer et le reste qui malheureusement n'est plus au programme cette année lui fait faire des pertes énormes parce que une concurrence déloyale lui ait livré par des enseignants et établissements. Poursuivant monsieur Dayo s'est-il étonné de ne pas comprendre que malgré les décisions du ministère ces pratiques persistent et sont devenues plus graves. " Cette année on nous a promis que la ministre a pris des décisions strictes relatives à la vente des livres dans les établissements stipulant que la vente des livres dans les établissements est interdite depuis 2015. Ni le professeur, ni les agents de l'état ne doivent vendre des libres. cette année encore à la réunion de rentrée à grand-Bassam, elle a réitéré que les ventes des fascicules sont interdites dans les établissements. nous avons l'impression cela a même aggravé la situation " a-t-il regretté avant d'indiquer que dans les listes de fournitures qui leur parviennent, sur 10 livres, 8 sont à payer à l'école. Pis, certains établissements ont même érigé des librairies au sein de l'école enfreignant ainsi au décret n°2019-130 du 20 janvier 2019 portant application de la loi n°2015 du 20 juillet 2019 donnant l'exclusivité de la vente des ouvrages aux grossistes, librairies et bouquinistes. " Dans la chaîne, le rôle de l'enseignant s'est quoi? c'est d'enseigner et non de vendre " a-t-il fait savoir et d’ajouter " Quand l'enseignant se substitue en vendeur de livre, le système éducatif est en danger. Parce que l’élève qui paye le livre avec l'enseignant n'aura pas les mêmes faveurs que celui qui paye ailleurs. Du coup les élèves ont peur de payer les livres à la librairie" a relevé le coordonnateur régional de l'ABOLI-CI. C'est pourquoi il a lancé un appel aux autorités de faire appliquer les lois quand elles sont prises. Aussi-t-il demandé au préfet de région à qui un courrier sur la question a été adressé de se pencher véritablement sur cet épineux problème. Dans les écoles, la question des ventes de livres est plus ou moins démentie par les chefs d’établissements. Du lycée classique au lycée TSF en passant par le lycée Moderne 2 et bien autres établissements, les responsables disent ne pas être informés d'une quelconque vente de documents et d'ailleurs ils avancent que la ministre a longuement insisté sur cette question et soutiennent que le message est bel et bien passé chez tous les enseignants. Au classique, le proviseur Mah Abou affirme que " le classique n'a pas encore enregistré ce genre de cas à part le partenariat signé avec la librairie de France qui dispose de la vente des ouvrages dans ledit établissement". Même son de cloche au lycée moderne 2 où le censeur Koné Moussa rassure que l'administration jusqu'à ce jour n'as pas eu écho de ces pratiques. Akpa Séverin proviseur du lycée TSF pour sa part, soutient que ce sont vendeuses autorisées par l'établissement qui vendent des cahiers et autres matériels pratiques notamment bics, règles etc.. mais pas de livres comme l'a indiqué la ministre avant d'inviter les parents à signaler les cas pour que des mesures soient prises. En revanche quelques élèves rencontrés dans ces établissements parcourus soutiennent clairement que des enseignants leur vendent des livres et cahiers d'habileté. Si certains n'exigent pas le lieu d'approvisionnement, d'autres par contre exigent que les élèves s’approvisionnent auprès d'eux. Certains parents affirment aussi, vivre ces réalités comme c'est le cas de Y.D qui pour son enfant en classe de terminale A2 au lycée classique se voit obliger de payer les documents ( Activité philosophie à 3000 francs, activité histoire géographie à 3000 francs, roman français à 3000 francs et document de mathématique à 2000 francs) dans ledit établissement. Cette question qui a pris une proportion élevée doit surtout attirer l'attention des autorités et au plus sommet la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement techni que et de la formation professionnelle car l'ABOLI-CI entend très bientôt rentrer en grève et paralyser les marchés.  

 

David Ozy

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