Jean Baptiste Nielbien /Haut représentant apostolique: « La nation a besoin de nous pour la réconcilier »

Le haut représentant apostolique de Côte d’Ivoire, son éminence  Jean Baptiste Nielbien, était récemment l’invité spécial lors d’une rencontre des églises évangéliques à Williamsville.  A cette occasion il a demandé aux hommes de Dieu de contribuer à la réconciliation nationale.

 

Le contexte social actuel est fait de crainte, de violence verbale, de peur, de doute ... Nos sœurs, nos frères, nos voisins se posent moult questions. Ne sommes-nous pas en train de glisser vers l’obscurité de l’incertitude ?

 

Chers frères, chères sœurs, chers compatriotes,

 

       La Nation a besoin de nous pour l’aimer, la pacifier, la réconcilier avec elle-même. Elle a besoin de nous pour sa guérison et pour sa reconstruction, c'est pourquoi l'Eglise doit être l'Eglise. C'est par son agir quotidien, son attitude, son comportement qu'elle influencera positivement la Nation et influera sur le processus de pacification et de réconciliation nationale. L'Eglise doit être ce que le Seigneur Jésus, son Chef Suprême, veut qu'elle soit. Il nous faudra, aujourd'hui plus qu'hier, être de dignes ambassadeurs de notre Seigneur conformément à l'enseignement de l'Ecriture :

<< Vous, au contraire, vous êtes une race élue., un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois  n 'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. » 1 Pierre 2 :9,10

 

Pour contribuer efficacement à la considération et au respect de l’autre, à la pacification, au processus de réconciliation et influencer positivement la Nation, nous devons :

 

  1. Régler nos vies selon :

 

a) Les dix commandements (Exode 20 : 1-17)

b) Le principe biblique du pardon (Marc 11 : 25-26)

c) La Loi de Christ qui est L'AMOUR (Matthieu 22 : 37-40)

 

Bien qu'en tant que chrétiens nous n'ayons pas à retourner au légalisme (système de la Loi), il est nécessaire d'introduire dans nos vies le sens de l'absolu. Les chrétiens sont citoyens de deux endroits : la terre et le ciel. Il nous est demandé de nous soumettre aux lois de notre nation (Rom 13) tant que ces lois ne s'opposent pas aux lois de Dieu. (Apoc 13).

Dans la parabole du serviteur impitoyable, le Seigneur Jésus nous montre la nécessité de pardonner à autrui. Pierre demanda ; « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère lorsqu 'il péchera contre moi ? Jusqu 'à sept fois ? » (Mathieu 18:21). Il pensait certainement qu'il était généreux et magnanime.

 

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 Mais il reçut une réponse stupéfiante. Jésus fit voler en éclat la norme de générosité de Pierre. « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à t soixante-dix fois sept fois » (Mathieu 18 : 22).

 

        En d'autres termes, pardonnez comme Dieu pardonne, sans limites. Maris, pardonnez à vos femmes sans limites, femmes pardonnez à vos maris sans limites, frères et sœurs pardonnez-vous les uns les autres sans limites. Et Jésus raconta une parabole pour insister sur ce point. Il a été très explicite pour faire comprendre sa pensée. Comme dans de nombreux autres cas, Jésus a établi clairement que si nous ne pardonnons pas, nous ne serons pas pardonnés. Le refus de pardonner est aussi grave que l'adoration de faux dieux, les superstitions, l'occultisme, la sorcellerie, la magie, les inimitiés, les discordes, les querelles, la jalousie, le mauvais caractère, les accès de colère, les intrigues, les cabales, les rixes, les rivalités inspirées par des ambitions égoïstes et aboutissant à des dissensions, et des scissions dans l'Eglise, l'esprit de parti, les fausses doctrines et leur cortège de divisions, la haine, l'envie etc. (Galates 5: 20-21).

Si tu ne pardonnes pas à ton mari, à ta femme, si tu ne pardonnes pas à ta belle-mère, à ton beau-père, à ton frère, à ta sœur, si tu ne pardonnes pas à la personne qui est en face de toi, tu n'es pas digne de franchir la porte du ciel.

 Pardonner ne signifie pas oublier. Ceux qui veulent oublier tout ce qu'on leur a fait constatent qu'ils en sont incapables. Ne remettez pas à plus tard le fait de pardonner à ceux qui vous ont causé du tort, dans l'espoir que la douleur cessera un jour. C'est lorsque nous choisissons de pardonner à quelqu'un que Christ peut alors venir et commencer à nous guérir de nos blessures. La guérison ne peut commencer tant que nous n'avons pas d'abord pardonné. Le pardon est un choix, une décision de la volonté. N'attendez pas qu'on vous demande pardon. Suivez l’exemple de Jésus. Alors que ses bourreaux étaient en train de se moquer de lui, il pria : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Luc 23 : 34). Pardonner, c'est choisir de ne plus en vouloir   à   quelqu'un   pour   le tort commis.   Les   personnes   qui   entretiennent l'amertume et la rancune ont l'habitude de reparler des problèmes du passé avec ceux qui leur ont frustrées et blessées. Elles veulent les culpabiliser. Il nous faut laisser le passé derrière nous et choisir de rejeter toute pensée de vengeance. N'attendez pas d'avoir envie de pardonner. Cela n'arrivera peut-être jamais. Faites le choix difficile de pardonner même si vous n'avez pas le cœur à cela. Une fois que vous aurez choisi de pardonner, Satan aura perdu son pouvoir sur vous dans ce domaine et la main guérissante de Dieu pourra agir librement.

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 Il ne peut y avoir d'ordre, de cohésion dans une société sans un code de conduite formellement adopté par le peuple à la suite d'un processus législatif. Le code de conduite donné par notre Seigneur est la Loi de l'Amour ; en effet, aimer Dieu c'est obéir à ses commandements. (Jn 15 : 10) •

Jésus a dit que toute la Loi et les Prophètes se résument en ces deux commandements :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, comme le Seigneur t'a aimé. » •

Si les chrétiens pratiquent au quotidien  l'Amour sacrificiel du Christ (Agape) dans leurs relations avec les autres en aimant ceux qui ne sont pas aimables, en aimant ceux qui pensent et agissent différemment, en aimant ceux qui ne sont pas de leur région, ceux qui ne sont pas de leur groupe ethnique, ceux qui ne sont pas de leur parti politique, en donnant volontairement de leur temps et de leurs biens pour l'amélioration des conditions sociales de leurs communautés, ils verront combien leurs voisins non-chrétiens les respecteront et se laisseront attirer par la foi chrétienne.

      Mère Térésa de Calcutta avait été surnommée de manière juste « l'apôtre de la charité ». Lorsqu'on lui demanda ce qui l'avait poussée à quitter sa Yougoslavie natale à l'âge de quinze ans pour se consacrer à un ministère auprès des pauvres de l'Inde, elle répondit simplement en trois mots : « L'Amour de Christ ». Si nous réglons nos vies selon la Loi de Christ, nous pouvons alors améliorer le climat social et influencer positivement notre Nation. En cette période où le pays a besoin de faire tomber sa fièvre, de vider son stress relationnel, d'être réconcilié avec lui-même, nous devrons relever le défi de l’acceptation de l’altérité, le défi du pardon, le défi de l'amour et être ainsi des catalyseurs, des modèles pour les autres : il nous faudra aimer ceux qui nous ont chagrinés, ceux qui ont brutalisé, maltraité ou  tué un parent. Il nous faudra faire preuve d'amour pour ceux qui ont méprisé notre région5 notre village, notre groupe ethnique, ceux qui nous ont fait perdre nos biens, ceux qui nous ont insulté, etc.

 

2. Soumettre nos vies au Saint-Esprit et porter le fruit de l'Esprit

 

         Dans sa lettre aux Corinthiens (2 Cor 5 : 17), l'apôtre Paul affirme de manière catégorique que celui qui est en Christ est une nouvelle personne. Les anciennes manières de vivre sont passées. Cette expérience est possible avec

 

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l'aide du Saint-Esprit habitant le croyant et si tant est que celui-ci lui abandonne le contrôle de sa vie. Là où il y a problème c'est qu'un grand nombre de chrétiens ne se soumettent au Saint-Esprit que de manière sporadique ...

Lorsque notre vie est remplie et contrôlée par le Saint-Esprit, alors elle produit les qualités que l'on nomme le « fruit de l’Esprit » c'est-à-dire : l'Amour, la Joie, la Paix, la Patience, la Bonté, la Bénignité, la Fidélité, la Douceur, la Tempérance. Lorsqu'on les étudie de très près, toutes ses qualités sont d'ordre relationnel et sont utiles pour bâtir une société, une Nation fiable, dynamique et ouvertement fraternelle.

De même que l'arbre porte du fruit pour le bénéfice de ceux qui en mangent, de même les chrétiens doivent porter le fruit de l'Esprit pour le bénéfice des autres, tel que Paul le demande en Galates 6 : 10 « Pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi ».

 Nos assemblées manifestent les dons spirituels ; quant à la manifestation du fruit de l'Esprit, ce n'est malheureusement pas la chose la mieux pratiquée. Cette anomalie suit malheureusement le chrétien dans sa vie en société, ce qui l'empêche d'être « sel et lumière ». Le chrétien oublie que posséder des « dons » sans le fruit c'est être plus magicien que chrétien. Le Seigneur Jésus n'a-t-il pas dit que c'est à leurs fruits, et non à leurs dons, que vous les reconnaîtrez ? (Matthieu 7:20) Que les fruits soient visibles dans nos vies et qu'ils glorifient notre Seigneur.

3. Refuser de compromettre la norme biblique de l'excellence

 

          Par exemple, refuser la corruption qui est un cancer dans notre société. Elle est présente dans tous les secteurs d'activité : aussi bien dans le privé que dans le public. La corruption se manifeste sous plusieurs formes ; pot-de-vin, mensonge, tricherie, vol de biens publics, confiscation de terrains, etc.

Il y a d'autres formes de corruption : les fuites au niveau des questions d'examen, la falsification de documents, les « erreurs » de jugement au tribunal, les abus de pouvoir ; la discrimination des sexes, en particulier celle dont les femmes sont victimes, les discriminations tribales, raciales, au niveau de l'accès au travail, le népotisme, le manque de transparence, les scandales politiques et financiers.

 

          Pour œuvrer à la transformation de notre Nation avec intégrité et civisme, les chrétiens doivent éviter de s'engager dans les pratiques de corruption. Les compromissions dans ce domaine ne feront que détruire notre crédibilité et par là même nous empêcher d'influencer les autres'- de manière positive.

Selon l'Écriture, lorsque Darius le Mède vainquit Belschatsar et s'empara de Babylone, il mit sur pied une forme de gouvernement décentralisé en partageant

 

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la nation en cent vingt provinces. Il établit cent vingt responsables de provinces

  et mit à leur tête trois chefs dont Daniel.

  Ce système fut mis sur pied pour arrêter la corruption, en particulier dans le domaine de l'évasion des taxes. (Daniel 6 : 2) Ce système fit de Daniel un leader d'exception ; en effet la Bible déclare :

« Daniel surpassait les chefs et les satrapes, parce qu'il y avait en lui un esprit supérieur ; et le roi pensait l'établir sur tout le royaume » Daniel ( 6 :3)

Daniel ne se contentait pas de travailler avec zèle et acharnement ; il était également d'une droiture remarquable. Il refusa de souiller sa réputation. De nos jours, une certaine conception fait son chemin ; « Notre société est ce qu'elle est, suivons-la. Il faut être dans le contexte », Non, les chrétiens doivent toujours être dans le contexte du royaume de Dieu même s’ils doivent en souffrir les conséquences. Ils doivent en tout temps demeurer honnêtes, justes, droits, impartiaux, ...

           Si Daniel avait accepté un tant soit peu de compromettre sa norme biblique d'excellence dans ses actions, dans l'expression de son intégrité, il n'aurait pas exercé l'influence qu'il exerça sur le roi Darius, lequel écrivit plus tard en guise de témoignage ;

« ...A tous les peuples, à toutes les' nations, aux hommes de toutes langues qui habitent sur toute la terre : Que la paix vous soit donnée avec abondance ! J'ordonne que, dans toute l'étendue de mon royaume, on ait de la crainte et de la frayeur pour le Dieu de Daniel Car il est le Dieu vivant, et il subsiste éternellement ; son royaume ne sera jamais détruit, » (Daniel 6 : 25, 26)

 

          Notre Seigneur Jésus-Christ a utilisé deux métaphores d’une actualité brulante pour décrire ce que les chrétiens devraient être dans la société. Ces métaphores ont des implications d'ordre moral. Le Seigneur dit : « Vous êtes le sel de la terre...; vous êtes la lumière du monde. »( Matthieu 5 :13,14)

 

       De même que le sel est utilisé pour arrêter le processus de décomposition et donner du goût à ce qui autrement serait insipide, et de même que la lumière chasse les ténèbres et révèle les choses cachées, de même, les chrétiens doivent être au sein de la société. Si nous refusons tout ce qui peut compromettre notre exigence d'excellence, alors nos bonnes œuvres et notre intégrité glorifieront Dieu et auront un impact salutaire sur la Nation. Par exemple :

  • Lorsqu'un policier ou gendarme chrétien refuse les pots-de-vin
  • Lorsqu'une secrétaire chrétienne refuse d'offrir son corps pouf obtenir une promotion.

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  •   Lorsqu'un juge ou magistrat chrétien refuse l’ achat de conscience par des présents. 
  •  Lorsque les étudiants chrétiens travaillent avec courage et refusent de tricher aux examens
  •    Lorsque les chrétiens marchent dans la lumière comme le Christ a lui-même marché (1 Jn 2 : 6), refusant le mensonge, la duplicité, l’hypocrisie, l’injustice, la Nation se trouve enrichie de modèles à même de l’influencer positivement.
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4, L'Eglise doit être une famille, une fraternité

 

         Le Seigneur fonde une famille dont Dieu est l'unique Père. Il refuse ainsi que ses disciples se modèlent sur les familles juives ou romaines, patriarcales, autoritaires et souvent inégalitaires. Le souci de l'Eglise est de se conformer aux exigences de son Seigneur malgré les pesanteurs humaines. Il s'agit de bâtir au concret une famille dont la solidarité défie toutes les barrières (claniques tribales, ethniques, sociales, professionnelles, politiques, etc.) C'est ce message qu'essaie de mettre en pratique l'Eglise primitive : former une famille fondée uniquement sur la communion de cœur et d'âme (Actes 4 : 32 : « Tous ceux étaient devenus croyants, malgré leur grand nombre, étaient un cœur, une âme. Personne ne se prétendait seul propriétaire de ses biens »  A.Kucn]).

          La réalité de la fraternité se situe à deux niveaux : la fraternité entre les membres du peuple, la fraternité entre le peuple et d'autres peuples. Cette fraternité s'enracine en Dieu. De plus, la fraternité selon les desseins de Dieu est universelle, ouverte à 1 'ensemble de l'humanité. Elle annonce ainsi l'universalité en Jésus. Jésus est venu pour toute l'humanité, il n'est pas venu pour un groupe particulier, il n'est pas venu pour une région particulière, il n'est venu pour un groupe ethnique particulier ni pour un parti politique particulier. Jésus n'est ni PDCI ni FPI ni RDR ni UDPCI ni PIT ni UDCY ni MFA , Jésus-Christ est Seigneur, il est venu pour tous et il est au-dessus de tous. L'Eglise est une véritable fraternité qui n'embrigade ni n'étouffe, une fraternité dans laquelle la vraie liberté, celle qui est en Dieu se manifeste pleinement. L'Eglise est une famille de frères et sœurs conduits par le Saint-Esprit comme le souligne le livre des Actes des Apôtres.

 

5. Nous devons promouvoir les valeurs du royaume de Dieu

 

         Lorsque mon aîné le regretté Dr. Tokumbo Adeyemo, Secrétaire Général de l'Association des Évangéliques d'Afrique (AEA), se rendit à Séoul en Corée du Sud en 1980, il remarqua que dans les magasins les produits en vente étaient

 

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étalés sans surveillance particulière. Lorsqu'il alla prendre l'autobus, il remarqua qu'il n'y avait pas de receveur. Le trajet se payait par une machine selon la distance de la destination. Surpris de constater qu'il n'y avait apparemment pas de contrôle, il demanda à un ami Coréen si un tel système ne conduisait pas le client à tricher, payant moins qu'il ne faut. Son ami lui répondit par la négative, expliquant que' leur société était grandement influencée par la philosophie de Confucius et par l'éthique chrétienne. Quel défi pour nous !

Quand on considère le nombre de chrétiens vivant sur notre continent (plus de 200 millions), si nous manifestons notre foi partout où nous sommes (au travail, au marché, à l'école, etc.) et que nous honorions Jésus-Christ de manière claire dans les différents domaines et problèmes de notre société (la paix, la réconciliation, le traitement juste et équitable en affaire, l'intégrité, la confiance dans les services publics: le respect des promesses, le paiement juste, correct des taxes, des impôts, l'honnêteté, la loyauté, la transparence et que par-dessus tout nous soyons consacrés à Dieu, manifestant la compassion, la bonté, la douceur à l'égard de tous, de manière simple, avec humilité, nous changerons de fond en comble la face de notre continent !

 

6. Nous devons jouer notre rôle prophétique au plan social

         L'Eglise a au moins une triple responsabilité à remplir, à savoir : une responsabilité pastorale (conseiller, guider) ; une responsabilité sacerdotale (intercéder pour la Nation) ; une responsabilité prophétique (proclamer et dénoncer). De ces trois responsabilités., la troisième est la plus négligée ou la plus ignorée. Pourquoi ? Parce qu'il semble risqué de parler contre les maux du jour au sein de la société.

           Remplir le rôle prophétique fait de nous les chrétiens, la voix des masses sans voix, les défenseurs de la vérité, les promoteurs de la justice et de la droiture, les avocats des droits de l'Homme. C'est le conseil qui a été donné au           roi Lemuel en Proverbes 31:8,9:

« Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l'indigent. »

 

           Des personnes comme le Pasteur Martin Luther King Jr., dans sa lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis d'Amérique et le Prix Nobel de la Paix, Mgr Desmond TUTU, dans sa lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, ont assumé courageusement des rôles prophétiques au plan social . Béni soit le Seigneur de ce qu'ils ont fait ce qu'ils devaient faire ! Prêcher à travers notre continent exige de donner aujourd'hui des messages prophétiques - proclamer la

 

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Parole de Dieu, dénoncer le mal, le péché, l'injustice-

 

7. Nous devons pratiquer la règle d'or

 

La règle d'or stipule : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. » ( Matthieu 7 :12 ; Luc 6:31).

 L’ancien Président américain Abraham Lincoln avait déclaré un jour ceci : « Autant je ne veux pas être un esclave, autant je n'en posséderai aucun ». C'est cela la règle d'or. Lincoln a dû être influencé par le principe biblique qui demande qu'on fasse aux autres ce qu'on voudrait qu'ils nous fassent. (Luc 6 :   31)

C'est pourquoi nous ne sommes pas surpris que ce fût Lincoln qui signa le Décret d'Emancipation qui mit fin à l'esclavage aux États-Unis d'Amérique.

          La règle d'or implique également le patriotisme - l'amour de notre Nation. Quand on considère les consignes que Dieu avait données à travers Jérémie aux Juifs exilés à Babylone, on découvre que Dieu leur avait demandé de rechercher la paix de la cité et de prier. En sa faveur parce que « votre bonheur dépend du sien ». ( Jérémie 29 :7)

 

         Lorsque les chrétiens recherchent activement la paix avec leurs voisins, lorsqu'ils prient intensément pour la paix dans leur pays et lorsqu'ils parlent autour d'eux de Jésus, le Prince de la paix, alors ils peuvent avoir de l'audience parce qu'ils l'auront mérité.

Saint François d'Assise (1182-1226) a fait cette belle et fameuse prière pour la paix, prière que nous pouvons reprendre à notre compte en cette période où l’histoire de notre pays semble plus que jamais bégayer :

 

« Seigneur

Fais de moi un instrument de ta paix

Là où il y a la haine) que je sème l’Amour

Là où il y a des blessures, le par don

Là où II y a le doute, la foi

Là où il y a le désespoir, l'espoir

Là où il y a les ténèbres, la lumière

Et là où il y a la tristesse, la joie

O Divin Maître l

Permets que je ne cherche pas

A être consolé, mais à consoler

A être compris, mais à comprendre

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A être aimé, mais à aimer

Car c'est en donnant qu 'on reçoit

C'est en pardonnant que nous sommes pardonnes

Et c'est en mourant que nous naissons à la vie éternelle, »

 

          Pour une Côte d'Ivoire déstressée, pacifiée et réconciliée avec elle-même, calmons les esprits, calmons les ardeurs, arrêtons de juger, arrêtons de mépriser, arrêtons de diaboliser, arrêtons de maudire ! Armons-nous d'un esprit civique, d'un esprit de conciliation et favorisons le dialogue sans faux-fuyant, le dialogue constructif et fraternel. Acceptons-nous mutuellement quelles que soient nos différences Pardonnons-nous réciproquement et donnons-nous la main. Que nous soyons du Centre, du Sud, du Nord, de l'Est, de l'Ouest, donnons-nous la main et bâtissons ensemble ce pays que nous aimons tant, bâtissons ensemble la Côte d'Ivoire dans l'unité !

 

 

 

 

 

                  Son Eminence le Haut Représentant Apostolique de Côte d’ivoire

 

                                                    Prof. Jean-Baptiste NIELBIEN

 

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