Comité de pilotage du Projet REDD+ de la Mé:La certification du cacao en agriculture biologique permet d'augmenter le prix d'achat

Les membres du Comité de pilotage du Projet REDD+ de la Mé et des observateurs dont l’Agence Française de Développement (AFD) ont effectué le Mardi 25 septembre, une visite à Bieby dans le Département de Yakassé Attrobou pour s’enquérir de l’état d’exécution des activités dudit projet. Ce projet vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de la déforestation dans la Région de la Mé tout en améliorant les conditions de vie des populations riveraines des forêts.

Cette visite de terrain a permis à la mission de s’imprégner des activités   menées dans le cadre de la certification bio du cacao et de bien d’autres activités du projet REDD+ dans la région. Il s’agit notamment du parc à bois réalisé en faveur des femmes pour l’amélioration de la productivité du manioc, des activités d’éclaircies qui consistent en l’élimination d’une partie d'un peuplement forestier afin de permettre le bon développement des meilleurs arbres et le reboisement effectué en partenariat avec Inprobois, un industriel de bois.

 La visite de la parcelle de cacao d’une superficie de 1,5 hectares, engagée dans la certification bio du cacao montre tout l’intérêt de cette mesure d’accompagnement. En effet, la certification du cacao en agriculture biologique permet d’optimiser les systèmes de production cacaoyers agroforestiers déjà existants et d'augmenter la valeur ajoutée du cacao par un prix d'achat élevé, affirme Romuald Vaudry, Chef du Projet REDD+ de la Mé à l’ONG NITIDAE. En accompagnant le producteur dans la régénération de sa parcelle et en apportant une plus-value, le projet contribue à maintenir le producteur sur la même parcelle et de ce fait, freine la logique de déforestation dans la région , renchérit M. Zana OUATTARA , Point focal du Projet REDD+ de la Mé au Secrétariat Exécutif Permanent de la REDD+. Par ailleurs,  dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure, les planteurs percevront une prime d’agroforesterie pour les systèmes agroforestiers. Avec l’appui de la Direction Régionale du Ministère des Eaux et Forêts, le projet a réalisé les éclaircies dans une exploitation de Teck permettant de ce fait, son entretien sylvicole pour la première fois depuis plus de 10 ans. De par cette activité, la REDD+ veut encourager la sylviculture familiale en mettant en exergue sa rentabilité. La sylviculture est l’ensemble des activités de régénération, d'entretien et d’exploitation des arbres. A travers le témoignage des bénéficiaires, la délégation a pu observer d’elle-même, les avancées  obtenues par le projet REDD+ et  l’amélioration apportée aux  conditions de vie des communautés. Kottia Bernard, le propriétaire de la parcelle de Cacao Bio indique qu’il espère voir ses revenus améliorés par la vente  du cacao bio et par  la prime agroforestière. Les membres du Comité de pilotage du Projet REDD+ de la Mé et les observateurs ont également  visité  la pépinière de cacao français mise en place pour la régénération des parcelles dans un système agroforestier. Le cacao français a été choisi pour sa tolérance à l’ombrage. Enfin, la délégation s’est rendue sur la parcelle communautaire de 5 hectares reboisée dans le cadre du partenariat Projet REDD+ de la Mé /INPROBOIS. Le Projet REDD+ a réussi à mettre en place un partenariat avec les principaux industriels du bois de la région. Ils s’engagent ainsi à définir un prix  minimum d’achat à terme pour les essences comme le teck, le gmelina, le cedrela et le framiré, actuellement les plus plantées en Côte d’Ivoire. En contrepartie, le projet délivre un certificat foncier pour  la parcelle concernée. Ce partenariat permet de sécuriser l’investissement de l’industriel du bois. Il prend alors à sa charge l’intégralité des coûts de plantation et de la gestion future du peuplement (éclaircies et élagages). Le seul engagement du planteur réside dans la signature d’un protocole d’accord avec l’entreprise qui stipule que les bois seront bel et bien vendus à la dite entreprise à un prix minimum garanti qui pourra être revu à la hausse selon les prix fixés par le Ministère ivoirien des eaux et forêts ou selon les cours internationaux.

Cette visite de terrain a précédé la 3e réunion annuelle du Comité de Pilotage (COPIL) Régional du Projet REDD+ de la Mé, tenue le Mercredi 26 septembre 2018 et présidée par le Secrétaire Général de la Préfecture d’Adzopé , représentant le Préfet de Région de la Mé, Préfet du Département d’Adzopé. « Le succès de ce projet sera un gage de la réussite de la REDD+ » assure  KOUASSI KOUAKOU Christophe. Les travaux ont porté sur l’état d’exécution des activités du projet. Au cours de la rencontre, les projets de 5 villages dans le cadre de la mise en œuvre des Plans de Développements Locaux (PDL) ont été validés. Il s’agit des villages de Diasson, Mébifon, Allosso 1, Mopodji et Kossandji. Ces villages recevront chaucun un montant de 10 000 000 FCFA pour la mise en œuvre desdits projets. A ce titre ,  BINI Kouassi Kouman , le Coordonnateur du Programme filière agricole durable de Côte d’Ivoire se félicite de l’implication des communautés locales dans la validation des projets à travers la méthode de planification participative, approche que salue également Madame Caroline PIQUET, Chargée de Mission Agriculture et Environnement à l’Agence française de développement (AFD).

La mise en œuvre du Projet REDD+ de la Mé se fait via diverses activités de développement territorial (aménagement du territoire, sécurisation foncière) et sectoriel (agriculture zéro déforestation, gestion durable des forêts et reboisement, énergie domestique durable). Dans le cadre de la certification bio du cacao, ce projet promeut des biopesticides à savoir le biopesticide à base de graine de neem et des engrais organiques pour accroître la production.

Le Projet REDD+ de la Mé d’une durée de 3 ans bénéficie d’un financement de 1 milliard 600 000 F CFA et est exécuté par l’ONG NITIDAE en étroite collaboration avec le Secrétariat Exécutif Permanent de la REDD+. En fin septembre 2018 , le taux d’exécution annuel du projet était de 60%. Il s’achève à la fin de l’année 2019.

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