BUDGET 2019 : UN PAS VERS L'ÉMERGENCE avec Le Secrétaire d'Etat chargé du Budget et du Portefeuille de l'Etat, Moussa Sanogo

Le budget 2019 de l’Etat ivoirien enregistre une hausse de 578,1 milliards par rapport à celui de 2018, pour s’établir en ressources et en dépenses à 7 334,3 milliards FCFA, soit une progression de 8,6%. Il vise à accélérer l’atteinte des objectifs d’émergence de la Côte d’Ivoire, à travers la transformation structurelle de l’économie et l’amélioration des conditions de vie de la population.

7 334,3 milliards FCFA, c’est le budget 2019 de la Côte d’Ivoire ; un budget qui traduit les ambitions du gouvernement contenues dans le PND 2016-2020 de parvenir à l’émergence à l’horizon 2020.Ce budget met ainsi un point d’honneur sur la poursuite des actions d’accroissement de l’offre d’infrastructures socio-économiques et des services de base de qualité, notamment dans les secteurs de l’éduction et de la santé ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité pour tous.Des mesures adéquates d’encadrement des acteurs de la dépense, pour la bonne exécution budgétaire, seront mises en œuvre en vue d’atteindre les objectifs visés. Dans cette optique, les réformes nécessaires à l’amélioration de la performance du recouvrement des ressources seront poursuivies et le contrôle a priori sera renforcé. En outre, le respect de la discipline budgétaire et l’amélioration de la capacité d’absorption des crédits liés à l’investissement feront l’objet d’un suivi particulier. Par ailleurs, les dispositions en cours seront poursuivies en vue d’un basculement progressif au budget programme.82,1% de ressources intérieures contre 17,9% de ressources extérieuresLes ressources intérieures attendues s’élèvent à 6 014,4 milliards. Elles sont constituées de recettes fiscales (61,0%), de recettes non fiscales (3,1%), des émissions sur les marchés monétaire et financier (23,8%) et de ressources des comptes spéciaux du Trésor (12,1%). Les recettes fiscales pour 2019 sont évaluées à 3 669,1 milliards, en progression de 12,1% par rapport à l’estimation à fin 2018 ; soit une augmentation de 392,1 milliards. Ces recettes proviennent de la fiscalité intérieure pour un montant de 2 095,4 milliards (57,1%) et de la fiscalité de porte à hauteur de 1 573,7 milliards (42,9%). L’évolution des recettes fiscales résulte principalement de la bonne tenue de l’activité économique en 2018, du dynamisme croissant de la consommation, ainsi que de la performance des services de recouvrement. En effet, d’importants efforts sont déployés dans le contexte des réformes visant l’amélioration significative des gains de productivité, notamment la mise en place de télé-procédures, le renforcement du dispositif de gestion informatique, la rationalisation de la gestion des exonérations, ainsi que le renforcement de la segmentation et de l’analyse du risque. Les recettes fiscales sont composées des principaux impôts et taxes ci-après : l’impôt BIC hors pétrole et gaz, prévu à 401,5 milliards, enregistre une hausse de 52,8 milliards par rapport à l’estimation à fin 2018, soit une progression de 15,1%. Cette projection repose sur les hypothèses de bonne tenue des activités économiques en 2018 et de la généralisation de l’usage des télé-procédures de paiement des impôts. Dans cette optique, en 2019, toutes les moyennes et grandes entreprises doivent déclarer et payer tous leurs impôts en ligne. Cela résulte de la mise en œuvre des réformes visant notamment à s’assurer de la sincérité des états financiers transmis par les entreprises, à travers l’effectivité de leur certification par un expert-comptable agréé, la généralisation de l’enregistrement en ligne des états financiers. L’objectif recherché, ici, est le renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale. Les revenus du pétrole et du gaz, projetés à 115,2 milliards, sont en hausse de 3,8 milliards par rapport à l’estimation à fin 2018, au regard de la prévision de deux (02) enlèvements de pétrole brut en 2019 au profit de l’Etat. En outre, ces projections bénéficient d’un cours haussier du dollar dont le taux de change en franc CFA serait en moyenne de 560,5, contre 553,1 en 2018. Les impôts sur les revenus et salaires enregistrent une progression de 73,4 milliards (14,9%) par rapport à l’estimation à fin 2018, leur niveau attendu est de 573,1 milliards, en lien principalement avec les créations d’emplois attendues, l’amélioration du contrôle fiscal grâce au renforcement de l’analyse du risque et des recoupements de données avec d’autres structures, ainsi que les opérations de recouvrement des arriérés. Les impôts sur les revenus des capitaux mobiliers, prévus à 120,7 milliards, enregistreraient une évolution de 15,1% par rapport à 2018. Cette hausse s’explique par une amélioration du résultat comptable des entreprises en 2018, résultant du dynamisme projeté des activités économiques et qui se traduirait par une distribution plus importante de dividendes. La Taxe sur la Valeur Ajoutée en régime intérieur attendue est de 484,4 milliards, en hausse de 71,9 milliards par rapport à l’estimation à fin 2018, soit un accroissement de 17,4%. Cela s’expliquerait par une croissance de la consommation sous l’effet de la progression de l’activité, et par le renforcement de l’efficacité du recouvrement fiscal, notamment avec l’analyse des données et l’amélioration de la qualité du contrôle fiscal. La hausse de la TVA découlerait également du bon fonctionnement du principe de remboursement des crédits de cet impôt aux entreprises. La taxe sur les opérations bancaires, projetée à 76,9 milliards, enregistrerait une progression de 8,8 milliards (13,0%) par rapport à l’estimation à fin 2018, consécutive au dynamisme de la croissance des activités des secteurs bancaires et financiers. Les droits d’enregistrement et de timbre sont en hausse de 41,3% comparativement aux projections de 2018 de 81,2 milliards. Ils sont prévus à 114,8 milliards en raison de l’institution d’un taux de 1,5% de droit d’enregistrement sur le cacao, au regard de l’évolution favorable projetée des cours sur le marché international. Les patentes et licences prévues à 11,8 milliards, connaitraient une baisse de 1,1 milliard par rapport aux estimations de 2018. Les taxes sur boissons et tabacs attendues à 50,4 milliards, affichent une progression de 6,6% par rapport à l’estimation de 2018 de 43,8 milliards. Cette évolution résulte notamment de l’ajustement à la hausse d’un point de pourcentage des droits d’accises sur les tabacs. La taxe ad valorem perçue sur le secteur minier évoluerait de 1,5 milliard par rapport à l’estimation à fin 2018, pour se situer à 11,8 milliards, en lien avec la normalisation de l’activité minière (hors pétrole) qui avait connu des perturbations en 2018. Les taxes sur les télécommunications et la taxe spécifique sur les communications téléphoniques sont estimées respectivement à 56,2 et à 30,5 milliards. Ces prévisions sont en hausse de 9,4 milliards et 10,0 milliards par rapport à fin 2018, du fait du dynamisme de la téléphonie et de l’impact attendu de la mise en oeuvre du mécanisme de contrôle des flux de télécommunication. Les taxes à l’importation sur les produits pétroliers sont estimées à 229,4 milliards. Cette projection, en hausse de 2,3% par rapport à fin 2018, est basée sur l’hypothèse de croissance des volumes de la consommation du gasoil et du carburant super respectivement de 3,0% et de 25,0%, et de taxation de 153,9 FCFA/ litre pour le gasoil et 134,2 FCFA/litre pour le carburant super. Les taxes à l’importation sur les marchandises générales sont estimées à 942,2 milliards contre 864,8 milliards à fin 2018. Cette projection résulte de l’hypothèse de taux de croissance du commerce extérieur hors plateformes pétrolières de 6% et de taux moyen d’imposition de 26,1%. Les taxes à l’exportation prévues à 402,1 milliards, enregistreraient une hausse de 12,3 milliards par rapport aux réalisations à fin 2018 ressorties à 389,8 milliards. Cette projection résulte principalement d’une production record de cacao de 1 952 995 tonnes avec un prix CAF moyen de 1 244,1 FCFA, de 63 750 tonnes de café pour un prix CAF moyen de 802,2 FCFA, et surtout de 721527 tonnes de noix de cajou pour un prix CAF moyen de 671,4 FCFA. Les autres ressources intérieures attendues sont d’environ 188,8 milliards. Elles sont constituées de 102 milliards issues des opérations de privatisation en rapport avec la cession des parts de l’Etat dans la société Orange CI (100 milliards), 20,6 milliards pour le renouvellement des licences de communication, 32,3 milliards de revenus du domaine, 18,5 milliards au titre des recettes de service et 14 milliards de dividendes attendus par l’Etat dont 5 milliards provenant de PETROCI. Divers financements, constitués des emprunts sur les marchés monétaire et financier sont projetés à 1 429,0 milliards, sur la base des possibilités de mobilisation sur les marchés sous-régional et international. Cette projection tient également compte de la stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT), qui préconise le recours à plusieurs types d’instruments, tout en privilégiant ceux ayant les coûts les plus faibles et les maturités les plus longues. Les ressources des Comptes Spéciaux du Trésor sont projetées à 727,5 milliards pour l’année 2019. Elles intègrent 12,5 milliards au titre du Fonds d’Investissement en Milieu Rural (FIMR) et 148,3 milliards pour le Fonds d’Entretien Routier (FER). Ces ressources comprennent également 64,5 milliards au titre des prélèvements au profit de l’UEMOA (Prélèvement Communautaire de Solidarité), de la Cedeao (Prélèvement communautaire de la Cedeao) et de l’Union Africaine (taxe à l’importation de l’UA). Par ailleurs, les prélèvements dans le secteur de l’anacarde (pour la structuration de la filière, le financement de la sacherie brousse et le reprofilage des pistes) sont projetés à 26,6 milliards. Les ressources des Comptes Spéciaux du Trésor intègrent également les recettes à transférer aux collectivités pour 159,4 milliards, la TSU affectée à la SIR à hauteur de 53,1 milliards, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de 4,8 milliards et les autres recettes affectées pour un montant de 258,1 milliards. Les ressources extérieures sont de 1 319,9 milliards en 2019. Elles sont constituées d’appuis budgétaires, d’emprunts-projets et de dons-projets. Les appuis budgétaires attendus sont de 379,6 milliards. Ils sont accordés par le Fonds Monétaire International (152,5 milliards), la Banque mondiale (55 milliards), l’Agence française de développement au titre du Contrat de développement et de désendettement (147,6 milliards), le Gouvernement espagnol dans le cadre du Programme de Conversion de Dette (11,1 milliards), ainsi que l’Union européenne (13,4 milliards) au titre du Contrat de bonne gouvernance et de développement et du programme d’appui au foncier rural. Le financement extérieur des projets, prévu à 940,2 milliards, est constitué de 780,4 milliards d’emprunts-projets et 159,8 milliards de dons-projets. 28,6% du budget consacrés aux dépenses d’investissementAu titre des dépenses, elles s’élèvent à 7 334,3 milliards FCfa et concernent le service de la dette publique (24,8%), les charges salariales (23,5%), les autres dépenses de fonctionnement des services (15,8%), les dépenses d’investissement y compris le FIMR, le FER et celles liées à la parafiscalité du secteur anacarde (28,6%) et les recettes affectées et exécutées en comptes spéciaux du Trésor (7,3%).Le service de la dette publique en 2019 s’élève à 1 821,4 milliards et porte aussi bien sur la dette intérieure (58,3%) que sur la dette extérieure (41,7%). Quant à la dette intérieure, prévue à 1 062,4 milliards, elle est constituée principalement de 971,2 milliards de remboursement de titres publics, 30,4 milliards d’échéances de la dette de la Bceao et 24,1 milliards de remboursement de dette au profit des banques commerciales.Le service de la dette extérieure, d’un montant de 759,1 milliards, intègre 141,6 milliards d’échéances au profit des créanciers multilatéraux (dont 90,1 milliards au titre du FMI) et 199,4 milliards de règlements en faveur des créanciers du Club de Paris, comprenant les échéances du C2D pour 147,6 milliards. Ce service inclut également 70,7 milliards d’échéances au titre des autres créanciers bilatéraux et 344,4 milliards pour les créanciers privés dont 298,7 milliards d’eurobonds. Concernant les dépenses ordinaires, elles s’élèvent à 2877,7 milliards FCFA, en hausse de 139,9 milliards par rapport au budget 2018. Elles portent sur les charges salariales, les frais d’abonnement, les subventions et transferts, ainsi que les frais de fonctionnement des services. Les dépenses de personnel sont projetées à 1 720,8 milliards, conformément aux objectifs de la stratégie de maitrise de la masse salariale sur la période 2014-2020. Les dépenses de personnel sont en hausse de 85,5 milliards par rapport à 2018. Cela est dû essentiellement à la prise en compte de la deuxième tranche du stock des arriérés des revalorisations salariales actées depuis 2009 (34,9 milliards), au recrutement ordinaire de 17 226 agents (76,3 milliards), à la prise en charge de 240 reports de traitements de 2018 sur 2019 (2,3 milliards) et les changements de situation administrative pour un coût total de 24,3 milliards ; soit 13,8 milliards au titre des avancements et 10,5 milliards pour les promotions. Les prévisions de dépenses d’abonnement (eau, téléphone et électricité) en 2019 s’élèvent à 104,1 milliards et tiennent principalement compte de l’extension de l’éclairage public dans les villes de l’intérieur et de l’électrification rurale, l’ouverture effective de nouvelles universités et de leurs Centres régionaux des œuvres universitaires, la prise en compte des consommations du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et du Service d’Aide médicale urgente (SAMU). Les subventions et transferts, prévus pour un montant de 391,2 milliards, intègrent 130 milliards de subvention aux écoles privées, destinés à couvrir les frais d’écolage des élèves et étudiants affectés par l’Etat dans ces établissements, 91,4 milliards de subvention accordés aux EPN pour leur fonctionnement. Cette subvention prend également en compte 69,2 milliards au titre des bourses, kits scolaires et transports et 22,3 milliards de transferts aux collectivités, pour leurs dépenses de fonctionnement. Les autres charges de fonctionnement des services sont estimées à environ 661,5 milliards. Elles incluent 15 milliards pour la gratuité des soins ciblés et couvrent également le carburant et l’alimentation des armées pour respectivement 14 milliards et 38,5 milliards, ainsi que le fonctionnement du CNS pour 10 milliards. Ces dépenses comprennent, en outre, une dotation de 64 milliards au titre des baux des policiers (19 milliards), des militaires (38 milliards), des agents des eaux et forêts (3,3 milliards) et des gardes pénitentiaires (3,7 milliards). S’agissant des dépenses d’investissement, elles portent sur un montant total de 2 095,2 milliards FCFA et sont financées à hauteur de 55,1% par les ressources intérieures et de 44,9% sur des concours extérieurs. Les investissements financés sur ressources intérieures s’élèvent à 1 155 milliards. Elles comprennent 158,7 milliards pour le financement des projets dans le cadre du C2D et du Programme de conversion de dette (PCD), 48 milliards au titre des Collectivités Territoriales, 15 milliards affectés au Fonds d’études pour la réalisation des projets, 5 milliards pour la restructuration des banques publiques et 4,5 milliards pour la Couverture maladie universelle. Ces dépenses intègrent, par ailleurs, 167,6 milliards pour des projets spécifiques tels que le projet de transport urbain d’Abidjan (45 milliards), la construction des infrastructures de la CAN 2021 (25,2 milliards), l’aménagement de la Baie de Cocody (15 milliards), la construction et l’extension des aéroports de l’intérieur (15 milliards), l’aménagement de l’esplanade de la Présidence (12,8 milliards), la construction du stade d’Ebimpé (8 milliards), la réalisation des VRD pour les logements sociaux (10 milliards) et la mise en place de la Télévision Numérique Terrestre (7,8 milliards). D’autresinfrastructures et non des moindres sont programmées au cours de l’année 2019. Il s’agit de la poursuite de la construction de l’université de Man (5,1 milliards), la construction des infrastructures du Train Urbain d’Abidjan (5 milliards), du plan d’urgence d’Abobo (5 milliards), du bitumage des axes Divo-Guitry-Yokoboué (4,7 milliards) et de l’extension de l’université Peléforo Gon Coulibaly (3,3 milliards). A ces projets d’infrastructures, il faut ajouter le bitumage de l’axe Mankono-Tiéningboué (2,2 milliards), l’extension de l’université Lorougnon Guédé (2 milliards) et la construction de 11 établissements d’enseignement technique (1,5 milliard). D’autres opérations prioritaires du gouvernement sont également programmées. Elles sont liées à la Loi de Programmation de Sécurité Intérieure (43,8 milliards), la Loi de Programmation Militaire (35,5 milliards), au Projet de Renaissance des Infrastructures de Côte d’Ivoire (11,4 milliards) et aux souscriptions aux capitaux de la BAD, de la BIDC, et de Shelter Afrique (7,5 milliards). Les dépenses d’investissements sur financement extérieur sont projetées à 940,2 milliards ; soit 780,4 milliards au titre des emprunts-projets et 159,8 milliards pour les dons-projets. Les emprunts-projets concernent principalement le transport urbain d’Abidjan (101,1 milliards), l’aménagement hydroélectrique de Gribo-Popoli (100,5 milliards), le projet de transport et d’accès à l’électricité (60,7 milliards), l’aménagement de la baie de Cocody (41,9 milliards) et le développement et la réhabilitation du réseau électrique en Côte d’Ivoire (38,5 milliards). Il faut indiquer que d’autres projets sont également programmés, notamment le projet d’appui à la compétitivité du grand Abidjan (35,0 milliards), les infrastructures pour le développement urbain et la compétitivité des agglomérations économiques secondaires (31,4 milliards), la construction de l’université de Bondoukou (25,5 milliards), l’aménagement de la route Boundiali-Odiénné-frontière Guinée (21 milliards), l’aménagement de la route Toulepleu-Zouan-Hounien (20,9 milliards) et l’accès à l’électricité (18 milliards).Par ailleurs, la construction du poste céréalier du Port Autonome d’Abidjan (18 milliards), le programme d’aménagement de routes et de facilitation du transport au sein de l’Union du fleuve Mano (18 milliards) complètent la liste de ces projets réalisés sur financement extérieur.Les dons-projets concernent essentiellement le programme de lutte contre le paludisme (28,5 milliards), la construction de l’échangeur de l’amitié ivoiro-japonaise (21 milliards), les projets ENERGOS (18,6 milliards), le programme de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA (14,4 milliards) et la mise en œuvre du cadre d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale en Côte d’Ivoire (10 milliards). A cela s’ajoutent le projet d’appui au secteur vivrier (6,7 milliards), l’amélioration de la prestation des services dans l’éducation (5,7 milliards), la construction du lycée d’excellence de Grand-Bassam (5 milliards) et l’aménagement du site de débarcadère et de construction du marché central de Sassandra (4,2 milliards).A travers le budget 2019, le Gouvernement entend poursuivre sa politique de lutte contre la pauvreté et les disparités sociales. Il accorde en conséquence une attention particulière aux dépenses favorisant l’amélioration des conditions de vie et du bien-être des populations les plus défavorisées. A cet effet, le budget 2019 prévoit une dotation de 2 505,5 milliards au titre des dépenses «pro-pauvres». Ce niveau enregistre une augmentation de 9,4% de 2018 à 2019 et représente 9,6% du PIB. Ces dépenses couvrent les différents secteurs sociaux. Au titre de l’Education, les crédits prévus se chiffrent à 1 315,6 milliards et prennent en compte notamment, l’acquisition de manuels, de kits scolaires et de mallettes pédagogiques ainsi que la construction, l’équipement et la réhabilitation d’infrastructures scolaires. Ces crédits concernent également le renforcement des moyens de fonctionnement des structures éducatives, les bourses et subventions aux écoles privées. Concernant le secteur de la santé, une dotation de 376,3 milliardsest prévue, entre autres, pour les opérations de réhabilitation et de rééquipement des Centres hospitaliers universitaires (CHU), des hôpitaux généraux et autres structures sanitaires. Cette dotation se rapporte également à la consolidation des actes de prévention et de lutte contre les pathologies et endémies ainsi qu’à la lutte contre le VIH/SIDA. La dotation au titre du secteur des affaires sociales s’élève à 39,2 milliards. Elle est destinée à l’équipement des orphelinats, des pouponnières et des centres sociaux, à la formation du personnel d’appui ainsi qu’à la prise en charge des indigents et victimes de catastrophes.Les secteurs de l’agriculture et des ressources animales et halieutiques bénéficient de 138,2 milliards. Cette dotation couvre les programmes de développement et de promotion de l’agriculture, l’aménagement hydro-agricole, la diversification agricole, la gestion des terroirs et l’équipement rural. Elle prend également en compte l’appui à l’élevage, à la production laitière, à la pêche, à l’aquaculture et à l’agriculture vivrière, afin de consolider l’autosuffisance alimentaire. Une enveloppe de 231,2 milliards est prévue pour l’assainissement et l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable et en fourniture d’électricité. Cette dotation est consacrée notamment aux actions d’assainissement et à l’enlèvement des ordures ménagères, ainsi qu’à l’hydraulique urbaine et villageoise par la réparation et l’installation de pompes à motricité humaine. La poursuite des programmes d’électrification rurale et d’extension des réseaux électriques urbains est également prise en compte.Contexte d’élaboration du budget de l’EtatL’élaboration du budget 2019 s’est déroulée dans un contexte socio-politique et économique marqué par la poursuite des actions de réconciliation nationale et de cohésion sociale, dans un environnement de croissance économique forte et soutenue. En effet, au plan politique, la consolidation des Institutions de la troisième République se poursuit avec l’installation du Sénat, le 12 avril 2018, et le renouvellement des mandats en octobre 2018 des conseils généraux et des maires. Par ailleurs, la cohésion sociale et la réconciliation nationale continuent de se raffermir, notamment avec la signature par le Président de la République, le 6 août 2018, d’une ordonnance amnistiant 800 personnes poursuivies dans le cadre d’infractions liées à la crise post-électorale de 2010.Au niveau de l’économie, la Côte d’Ivoire devrait réaliser un taux de croissance de 7,8% en 2019 contre 7,7% en 2018. En effet, l’activité économique devrait bénéficier des retombées de la poursuite des réformes d’amélioration du climat des affaires, de la consolidation du cadre macroéconomique, ainsi que de la bonne dynamique de la croissance mondiale. L’activité économique tire également profit de la mise en œuvre effective des actions inscrites dans le Plan National de Développement (PND) 2016-2020, tournées essentiellement vers la transformation structurelle de l’économie et l’amélioration du bien-être de la population. Sur le plan des finances publiques, le Gouvernement poursuit sa politique de consolidation budgétaire, par la réduction progressive du déficit budgétaire et l’amélioration continue de la performance du recouvrement des recettes intérieures, tout en renforçant l’espace budgétaire nécessaire à l’investissement. Ainsi, le déficit budgétaire devrait être conforme à la norme communautaire pour s’établir à -3% à partir de 2019 contre -4% en 2018 et -4,5% en 2017.Au niveau international, l’économie mondiale devrait afficher en 2019 un taux de croissance de 3,9% comme en 2018, en rapport principalement avec la consolidation de la croissance des économies émergentes et en développement (+5%). Cette situation est liée à l’évolution haussière des cours du pétrole, des métaux de base et des matières premières agricoles. Aux Etats-Unis, la croissance serait de 2,7% en 2019 à cause notamment de la hausse de la demande privée. Dans la zone Euro, la croissance s’établirait à 2%, en léger recul par rapport à 2018 (+2,2%). Concernant le marché des produits de base, il se caractériserait par la baisse des cours du cacao, du café et du pétrole brut. En revanche, les cours du caoutchouc connaitraient une hausse de 2,5%. Quant au marché de changes, il serait marqué par une appréciation du dollar par rapport à l’euro de 1,3%. Dans la zone UEMOA, le dynamisme de l’activité économique serait maintenu avec un taux de croissance de 6,7%, grâce à la poursuite de l’investissement aussi bien public que privé et des réformes structurelles dans les pays membres.Au plan national, l’amélioration continue du climat des affaires, la poursuite des chantiers du Gouvernement, la stabilité des prix des principaux produits agricoles d’exportation, des conditions météorologiques et climatiques favorables ainsi que les actions et projets contenus dans le Plan National de Développement 2016-2020, devraient permettre d’atteindre un taux de croissance de 7,8% en 2019. Cette croissance serait essentiellement portée, au niveau de l’offre, par les secteurs tertiaire et secondaire dont les contributions à la croissance s’établiraient respectivement à 3,9% et 1,9%. En effet, le secteur secondaire progresserait de 8,6%, soutenu par l’extraction minière (+3,8%), les BTP (+20%) et les produits pétroliers (+10,5%). La croissance de l’industrie agro-alimentaire, de l’énergie et des autres industries manufacturières est attendue respectivement à 10,1%, 3,6% et 7,8%. Le secteur tertiaire bénéficierait du dynamisme du secteur secondaire pour afficher une valeur ajoutée en progression de 10% grâce à l’ensemble de ses composantes notamment les télécommunications (+10%), le transport (+10,4%), le commerce (+9,5%) et les autres services (+10,2%). Quant au secteur primaire, il devrait croître de 5,1% tiré principalement par l’agriculture vivrière et l’élevage (+5,6%). La redynamisation des organisations professionnelles dans les secteurs du vivrier, de l’agriculture d’exportation (coton-anacarde, etc.), de la pêche et de l’élevage devrait permettre d’améliorer la contribution à la croissance de ces différentes filières.L’inflation en moyenne annuelle devrait être contenue à 0,5%, en dessous de la norme communautaire de 3%, grâce à l’accroissement de l’offre des produits alimentaires, à la relative stabilité des prix des produits pétroliers, à un meilleur approvisionnement des marchés en autres biens de consommation finale et à la poursuite des actions de contrôle des prix dans le cadre de la politique de lutte contre la vie chère. S’agissant de la demande, elle serait tirée par les investissements (+14,1%) et la consommation finale des ménages (+7,4%). Les investissements seraient soutenus par la poursuite des grands chantiers publics et le renforcement des outils de production dans les secteurs manufacturiers et de la construction. Le taux d’investissement global ressortirait à 22,1% du PIB contre 20,8% en 2018. Pour ce qui est des éch anges extérieurs, les importations de biens et services progresseraient de 8,1%, sous l’impulsion du dynamisme de l’économie.

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