Entretien avec Abdoulaye Sylla, gérant d’une structure de transport ‘’ Pour efficacement réussir le renouvellement du parc-auto, il l’accompagner d’exonérations’’

Logé à la gare d’Adjamé, Abdoulaye Sylla, gérant d’une structure de transport et responsable d’une organisation de fédération syndicale, se prononce sur certains sujets. Il croque la question du renouvellement du parc-auto, les difficultés rencontrées par les premiers véhicules, les remboursements liés à ce fait, la limitation d’âge des véhicules importés etc. Lisez plutôt. 


 

 

M. Abdoulaye Sylla, comment avez-vous trouvez 2017 ?

 

 


 

Je remonte à 2016. Il faut dire que la moisson de ces deux dernières années a été très bonne pour le monde du transport terrestre. Avant de parler de l’application effective du renouvellement du parc-auto, il faut d’abord et surtout mettre à hauteur de lumière les grandes actions posées par le chef de l’Etat Son Excellence Alassane Ouattara. Il faut lui dire merci. Il s’est vraiment déployé pour nous et il continue de le faire d’ailleurs. Vous savez que sans bonnes routes, il n y a pas de transport en tant que tel. La concrétisation des routes et ponts aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, a encouragé la mise en route du projet de renouvellement du parc-auto, qui est maintenant un programme. Lequel programme est efficacement mis en œuvre par le Directeur général du Fonds de développement du transport routier (FDTR), que nous saluons au passage. Ces deux dernières années, le secteur a bénéficié de 200 taxis compteurs et ce n’est pas rien. Pour un départ, c’est un projet pilote, et il est question de nous sortir du secteur informel pour le formel. D’où la création d’entreprises. Pour cette année 2018, le ministre annone 2000 taxis. J’y crois et je pense que c’est salutaire. A l’image de la guêpe maçonne qui échafaude son logis avec patience et détermination, le développement d’un pays se fait lentement mais surement.


 

Votre structure est bénéficiaire des premiers véhicules. Un an après, commentaires.


 

Les choses vont mieux. Mais il faut reconnaitre qu’on rencontre quelques difficultés sur le terrain. Surtout avec la marque. Cette marque dont nous avons bénéficiée, en gasoil, ne peut pas réussit en taxi en Côte d’Ivoire. Si c’était en essence, on n’aurait pas aussi de difficultés. On n’a pas de problèmes avec les accessoires comme les cadrans, les amortisseurs et les roulements. Mais les difficultés liées au moteur en gasoil font que  nombre de ces engins sont dans les garages à ce jour. Et lorsque les rapports ont été remontés au ministre, il en a tenu compte et à changé de marque cette année.


 

A votre niveau, ça va ?


 

Oui, mais ce n’est pas facile. Toute fois, j’ai des doléances à faire au sujet du renouvellement du parc-auto.  Vous ne pouvez pas faire un projet d’une telle envergure sans mesures d’accompagnement. Ces mesures sont l’exonération des impôts, les TVA. A ce sujet, l’Etat ne s’est toujours pas signalé. Et tout cela constitue des blocages aujourd’hui au niveau du renouvellement du parc-auto. On espère que les différents ministères en tiendront compte. Tant que l’Etat ne prend pas l’initiative de l’exonération, il sera difficile de réussir comme cela a été le cas dans d’autres pays. Nous savons que le gouvernement fait assez, mais nous continuons de lui tendre la main, et de lui demander de voir de toujours se pencher sur le cas des exonérations fiscales.


 

Sur la question de la limitation d’âge des véhicules importés, que dites vous ?


 

Depuis l’annonce de cette mesure, je ne me suis jamais prononcé. Je n’ai jamais voulu intervenir. Mais quoi que tu fasses, l’histoire te jugera. Donc, il faut souvent parler. En la matière, il faut tout de suite dire qu’on ne peut pas faire d’omelettes sans casser les œufs. On ne peut pas aller au développement sans les effets collatéraux du développement. Pourquoi voulez-vous que ce qui a réussi dans plusieurs pays de l’Afrique, ne soit pas appliqué chez nous. Notre pays n’est pas une poubelle. Les véhicules qui ont déjà fait vingt ans, pourquoi voulez-vous qu’ils soient acheminés ici pour usage. Je dis non. Et par conséquent j’opte pour cette mesure. Toute fois, le hic, c’est qu’il souvent associer les acteurs du transport à ce genre de mesures. Avant de prendre la mesure par exemple, il fallait, je pense, associer tous les acteurs autour d’un séminaire, d’un atelier, de sorte à se mettre d’accord.


 

Nous allons nous quitter ?


 

Mes derniers mots concernent le Fonds et la gare routière d’Adjamé. S’agissant du Fonds, il faut dire qu’il est confronté à un réel problème de trésorerie. Pour son alimentation, l’on avait au départ parlé de parafiscalités. Mais les choses ne vont pas encore dans ce sens. On paye les patentes, les visites techniques, les vignettes, on respecte le péage. Le Fonds n’a rien sur tout ceci. Même avec 1 milliard FCFA dans ce Fonds, ce n’est pas grande chose car, avec cette somme, si vous achetez quelques cars, c’est déjà fini. L’Etat doit vraiment y penser. Quant à la gare routière d’Adjamé, beaucoup de choses ont failli dès le départ. Il faut enlever ces câbles au même moment, niveler la parcelle. Ce ne sera pas facile. Mais attendons de voir. Et ne soyons pas pessimistes.


 

Propos recueillis par Koné Seydou.   

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