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Houeto Yves Roland coordonnateur de l’AEJT-CI « Nous voulons sensibiliser tous les acteurs sur la migration des enfants »

Posté le 27-12-2017 | 281 Vue(s)

amanien.info

L’association des enfants et jeunes travailleurs de Côte d’Ivoire (AEJT-CI), participe à la mise en œuvre du projet Corridor Abidjan-Lagos (CORAL).  Dans cet entretien, le coordonateur Houeto Yves Roland nous parle de  ce projet.



CW - Houeto Yves Roland,vous êtes le coordonnateur de  l’AEJT-CI. Présentez nous cette association



HYR-C’est l’Association des enfants et jeunes travailleurs de Côte d’Ivoire. C’est une organisation de défense et de protection l’enfant en général et particulière ment des enfants et jeunes qui du fait de leur situation sociale, sont obligés de travailler. L’organisation ne favorise pas le travail des enfants, mais vient encadrer ces enfants  et les protéger, leur apprendre qu’ils ont des droits et des devoirs, et faire d’eux  des acteurs de leur développement. L’organisation est née à Bouaké en 1994, au départ avec 5 jeunes de 4 pays. Aujourd’hui cette association est représentée en Afrique  dans 420 villes de 27 pays. Au niveau de la Côte d’Ivoire nous sommes dans 30 villes et notre siège est à Grand-Bassam dans l’enceinte de la communauté Abel.



CW - -Vous avez été choisi avec d’autres organisations pour la mise en œuvre du projet CORAL.  C’est quoi le Coral ?



HYR--C’est le projet corridor Abidjan –Lagos, pour la protection des enfants et jeunes migrants. Ce sont des enfants qui ne sont pas allés à l’école où en sont sortis très tôt. Nous en trouvons partout, dans tous les pays. Ces enfants sont confrontés à la migration illégale, avec tous les problèmes que cela comporte, avec des violences et des abus. Ce projet financé par l’Union Européenne, qui a été sollicitée par ‘’Terre des Hommes’’, vient à point nommer. Nous sommes  acteur de la mise en œuvre de ce projet qui vient pour protéger ces  enfants là, qui veulent migrer. Vu que la migration n’est pas interdite, il faut la sécuriser et ce projet nous aide à sécuriser les enfants qui veulent aller dans un tiers pays.



CW - -Qu’est ce qui selon vous explique cette migration des enfants ?



HYR-- Le plus gros problème qui explique cette situation c’est la pauvreté. Mais il y a aussi la dislocation familiale, le manque de politique de développement des infrastructures dans les villages. Dans certains villages, les enfants qui ne bénéficient pas d’infrastructures, sont obligés d’aller se chercher comme on le dit et changer leur destin.



CW - -Comment faire pour protéger ces enfants en Côte d’Ivoire notamment?



HYR--Comme je l’ai dit ce projet vient à point nommer. Nous sommes entrain d’impliquer d’abord les autorités, les communautés et les enfants eux-mêmes et toutes les couches de la société susceptibles d’être en contact avec les enfants, afin que chacun puisse prendre ses responsabilités et protéger ces enfants.  Nos actions dans les communautés seront de sensibiliser les parents et les enfants, en leur disant qu’il faut avoir les informations sur le pays d’accueil, avant de se lancer. Savoir ce qui peut arriver en chemin et si ça arrive où s’orienter. C’est le message que nous allons passer dans les communautés, dans les familles. Nous allons aussi dire aux parents que lorsque l’enfant va, il faut savoir où il va et rester en contact avec lui. Nous impliquons les agents des frontières, pour leur dire que quand l’enfant passe, d’avoir l’œil pour leur demander où ils vont, et au besoin les orienter vers des centres sociaux pour qu’ils soient écoutés. Que  les faire retourner systématiquement, car ce n’est pas la solution. Faire en sorte que les enfants sentent qu’ils sont importants pour l’humanité. Nous impliquons également la presse pour relayer l’information partout. Au travers du plaidoyer, nous sollicitons les autorités pour qu’elles aient un budget réservé  à la prise en charge d’enfant migrants quelque soient leurs pays. En s’occupant bien des enfants d’Afrique, c’est l’Afrique qui gagne.



 



CW - -.En Côte d’Ivoire le projet concerne 5 localités ?



HYR-- Les 5 localités du corridor  sont Abidjan, Grand-Bassam, Bonoua, Aboisso et Noé frontière. Donc nous allons sensibiliser les différents acteurs dans ces localités comme je l’ai noté. Nous allons voir comment aider à l’intégration de ces enfants. Et s’il y a des candidats au retour volontaire, nous allons  voir avec des associations plus fortes que la notre ce qu’il convient de faire pour leur réintégration familiale



CW - -Quel rôle doit jouer les autorités par rapport à ces migrants !



HYR-- L’histoire de la migration est devenue une actualité internationale. Il faut que des fonds  alloués à la migration soient dégagé dans les différents budgets, dans les structures décentralisées de l’Etat, Mairie, Conseil général. Pour que ces structures puissent nous aider à la prise en charge des enfants chaque fois que nous sommes confrontés à une difficulté. Un enfant en migration n’a pas de domicile, n’a pas à manger etc..Donc quand nous les détectons, c’est souvent difficile la prise en charge. Un budget pourra aider pour leur prise en charge.  Nous voulons que les autorités nous aident à la réussite de ce projet.



CW - -Vous avez comme partenaire ‘’Terre des Hommes’’. Quel est leur rôle dans ce projet ?



HYR--D’entrée je disais que le projet est financée par l’Union Européenne.  ‘’Terre des Hommes’’ a soumissionné a eu les fonds. C’est un partenaire d’action et en même temps une garantie pour les fonds. Nous menons avec ce partenaire le projet et pour l’instant tout ce passe bien.



CW - -Quelles sont les activités que vous avez menées dans le cadre de ce projet ?



HYR-- Nous avons fait le lancement dans différents pays, formé les leaders  communautaires,  et des autorités, des acteurs des médias  par le renforcement de leurs capacités sur la thématique. Nous menons sur le terrain des actions de sensibilisation dans les communautés. Nous avons  fait une étude pour mesurer l’ampleur du flux migratoire vers  la Côte d’Ivoire qui est un pays de destination pour beaucoup d’enfants des pays limitrophes.



CW - - Au terme du projet quels sont quelques résultats attendus ?



HYR-- Les premiers résultats est que les enfants et les  communautés soient formés et informés sur la migration.  Les enfants doivent désormais savoir où ils veulent aller et comment y aller, et non plus en se cachant, et les parents ne doivent plus les y forcer. Qu’au bout des trois ans du projet, que la communautés s’approprie ce projet et prenne la relève. Que la migration soit réduite avec les politiques de développement dans les régions et de soutien  aux familles. Car si les enfants n’ont rien ils seront tentés par la migration.



CW - - Un appel à lancer ?



HYR-- Un appel à l’endroit de l’ensemble de la communauté, pour dire qu’un enfant qui immigre n’est pas un moins que rien. Parce que l’on voit des enfants en migration qui sont exploités comme des animaux. C’est un enfant comme tout autre, sauf qu’il n a pas les moyens.  Donc traitons-le comme un être humain et apportons-lui l’assistance si on le peut. Quand nous donnons du travail à nos servantes que nous ne voulons pas que nos enfants le fassent, nous sommes comme des marchands d’esclaves en Lybie. Donnons de l’importance aux enfants migrants. Pour la nouvelle année je souhaite des vœux de paix  dans nos familles, dans nos institutions. Je souhaite que 2018 soit une année de paix et de bonheur pour tous les habitants de la Côte d’Ivoire.



Calvin Wandji



calwanfr@yahoo.fr


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