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Enquête/ immigration clandestine en Afrique de l’Ouest: Ce commerce macabre qui rapporte gros aux passeurs

Posté le 30-03-2017 | 499 Vue(s)

amanien.info

En quête d’un hypothétique bonheur en Europe et hantés par le désespoir, de milliers de jeunes africains de l’Ouest dont des ivoiriens, optent chaque année pour l’immigration clandestine, en empruntant, la route du désert puis la périlleuse traversée de la Mer Méditerranée. Enquête…

« L’immigration clandestine est un phénomène contre lequel il faut lutter. Il est vrai que dans toute chose il y a des risques, mais, ici on se demande bien quel est le bénéfice ? Si vous partez dans ces conditions, il est clair que vous n’aurez pas de boulot. Ceux qui croient trouver le bonheur en Europe se trompent lourdement(…)» Parole de l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Son Excellence Dr Claus Auer. Il profitait ainsi, d’une tribune au siège de la Fondation Friedrish Naumann à Abidjan, pour interpeller les jeunes ivoiriens séduits par l’immigration clandestine dont les candidats courent également de gros risques : Celui d’être d’être récupéré par des cellules terroristes mais aussi et surtout mourir par noyade lors de la traversée de la Mer méditerranée , sur des embarcations de fortunes qui chavirent régulièrement. En dépit de la mise en garde du diplomate allemand et de certains de leurs proches l’on assiste à une ruée des jeunes africains de l’ouest et particulière les jeunes ivoiriens vers ce fléau qui est en train de ‘dévorer’ une bonne partie de la jeunesse ivoirienne en quête d’un hypothétique Eldorado en Europe. Les données de la fondation allemande Friedrish Naumann engagée depuis quelques années dans la lutte contre cette ‘pandémie’ des temps modernes donnent froid dans le dos et indiquent bien que la côte d’alerte est plus que dépassée, et qu’il faut mettre fin à l’hémorragie. Konaté Sophie de cette fondation révèle que «5 jeunes africains sur dix candidats à l’immigration clandestine arrivent dans le pays de transit ou de destination. S’ils ne meurent pas en route. La Méditerranée c’est 5 fois et demi la Côte d’Ivoire et la Lybie c’est cinq fois et demi la Côte d’Ivoire. On ne les traverse pas aussi facilement » L’immigration clandestine ou l’immigration irrégulière, continue de semer la mort dans les familles et en dépit des campagnes de sensibilisation, ne cesse de prendre de l’ampleur notamment en Côte d’Ivoire. A partir des réseaux mafieux des marchands de la mort et de la traite des personnes continuent de promettre ‘le paradis’ aux candidats à l’aventure périlleuse. Malgré le tableau sombre et des plus macabres, l’immigration clandestine ne cesse d’attirer les bras valides ouest africains qui ne rêvent que d’aller ‘se chercher à Bako’, c'est-à-dire derrière l’océan en Malinké. Pour être précis : en Europe. Mais à quand remonte le début de cette ruée des jeunes africains vers l’Europe via cette filière et combien sont t-ils à ce jour à être recueillis moribonds régulièrement par des forces maritimes européennes et des Organisations non gouvernementales, aux larges de côte italiennes ou bloqué de l’enfer libyen ; pays de transit par excellence ? ( Voir encadré 2) Combien sont les jeunes ivoiriens ou présumés ivoiriens dans cette hécatombe ? Bien malin celui qui pourra répondre à cette question. Une chose est sure : c’est très souvent que certains membres du convoi à l’aventure qui réussissent à traverser l’eau, annonce aux parents, la mort par noyade de leurs enfants.

Ces témoignages qui donnent froid dans le dos

Un dimanche de 26 février 2017, aux environs de 11heures tapantes, un coup de fil en provenance de l’extérieur vient d’annoncer à B. Seydou, opérateur économique à Abidjan, la mort de son fils Ibrahim qui avait à peine 25 ans. Depuis quelques années, le jeune Ibrahim, nous dit-on, nourrissait le projet d’aller en Europe comme bien de jeunes de son âge. Entre émotion, sanglots et les yeux pleins de larmes, B. Seydou entouré des ressortissants de son village témoigne : « (…) Il a toujours eu envie de partir en Europe. Face à son intransigeance nous lui avons dit d’attendre son grand frère qui revient bientôt au pays. Avec lui, il pourra partir par la voie normale. Mais que nenni. Quand nous avons appris qu’il avait choisi l’option de l’immigration clandestine, nous a vont engagés des recherches au niveau de tous les points susceptibles d’être des filières utilisées par les candidats à cette forme d’immigration. Après des recherches intenses, nous l’avons localisé au Niger. Là, nous lui avons demandé de retourner au pays et nous avons envoyée le transport pour son retour. Une dame au nom de qui nous avons envoyé l’argent nous a même donné les références d’un car abord duquel, notre fils avait embarqué pour Abidjan » Malheureusement que ne fut la surprise et le désenchantement des parents d’Ibrahim, de constater qu’ à l’arrivée du véhicule indiqué que leur progéniture n’y était pas. « Le jour indiqué, nous sommes partis à la gare mais nous ne l’avons pas vu.(…) C’est plus d’un mois après que nous l’avons repéré cette foi en Lybie dans la localité de Zabrata ( libye). Nous avons aussi, engagé des démarches pour le faire revenir au pays via le Croissant rouge. Mais hélas on vient de nous apprendre que lors de la traversée de la Mer Méditerranée, l’embarcation a chaviré et Ibrahim, notre fils a péri(…) » Ainsi Ibrahim qui est mort par noyade, voit son rêve d’aller ‘derrière l’eau’ s’arrêter aux larges des côtes italiennes. Le jovial Ibrahim et parfois grognon sur les bords, n’atteindra pas l'île de Lampedusa ou Lampédouse en Italie. Sa famille et les membres de sa communauté musulmane ont organisé dès la confirmation de sa tragique disparition ont organisé ses funérailles conformément aux prescriptions du Saint coran au domicile de ses parents dans un sous –quartier de Yopougon le 26 février 2016. Dans nos investigations, nous avons appris d’une source très crédible libyenne que des milliers jeunes africains en transit par la Libye pour l’Europe croupissaient dans les geôles de fortunes libyennes. Un nombre à revoir à la baisse selon des sources officielle.( voir Encadré 1 : interview Dg des Ivoiriens de l’extérieur) Au nombre des prisonniers, Emile Lama, la trentaine environ, est originaire de l’ouest montagneux ivoirien. Menuisier –ébéniste de formation, ce natif de Houphouët-ville, un quartier de Danané( ville de l’ouest montagneux ivoirien) gagnait pourtant bien sa vie dans son atelier au sous quartier Gesco de Yopougon, où il confectionnait de très beaux meubles en bois rare. Piqué lui aussi par le virus de l’aventure, un matin, le jeune Lama décide de tenter l’aventure pour l’Europe. Abandonnant sur les bords de la Lagune Ebrié, l’un de ses enfants et sa compagne qui attendait de lui un enfant né en son absence. Voyant les photos à nous envoyée par nos sources, la sœur de l’infortuné aventurier ne manque d’écraser des larmes. J. Lama c’est d’elle qu’il s’agit témoigne : « A plusieurs reprise, je lui ai déconseillé d’aller à l’aventure. Je lui ai même envoyé des émissaires pour l’en dissuader. Car, Emile gagnait bien sa vie ici. Il a tout vendu, pour s’offrir un billet d’avion pour le Maroc. Malheureusement pour lui, à son arrivée au Maroc, à bord d’un taxi, il a été dépouillé de tout ce qu’il avait comme argent et portable. Pour survivre, il a fait un petit contrat durant le mois du jeune du Ramadan 2016. A l’étape marocaine, je lui ai réitéré ma position en lui demandant de revenir au pays. Une petite sœur lui a envoyé même 50 mille Fcfa. Au lieu de revenir, il nous appelle pour nous dire que lui et ses compagnons de route avait mis le cap sur l’Algérie avec son salaire d’un mois qu’il a perçu.» C’est grâce à des membres d’une Association des ressortissants d’un pays de l’Afrique de l’ouest que nous avons été alertés. Par ailleurs, nos sources font état de la présence dans les geôles de fortune libyennes, de plus 400 ressortissants ivoiriens dont une centaine de jeunes filles livrées à la prostitution. En véritables objets de plaisir ( Voir encadré 3 ). Au nombre de ces jeunes aventuriers pris au piège, le compatriote Emile se sert aujourd’hui de béquilles pour se déplacer. Renseignement pris auprès de sa sœur, « c’est en voulant traverser la frontière algero- libyenne qu’on a tiré dans ces pieds. Quand ils l’ont transféré à l’hôpital, il nous a appelé pour lui dire qu’ont tirait du sang. C’est vrai que c’est dur au pays, mais Abidjan n’est-il pas mieux que cette galère ? » Vrai ? Par les mêmes sources, nous finirons par entrer en contact avec l’infortuné Lama Emile que nous avons pu joindre par téléphone. D’une voix à peine audible, il confirme les informations à nous livrées plus haut par sa sœur quand il ajoute : « En quittant Abidjan, je voulais aller en Angleterre. En route, j’ai travaillé durant deux mois pour des chinois. C’est sur mes économies que j’ai voulu rallier la Libye et les passeurs nous ont demandé de l’argent et nous étions un groupe de ressortissants de l’Afrique de l’Ouest. A moi, les passeurs à la frontière algéro- libyenne, m’ont demandé environ 600euros soit plus de 393 mille Fcfa. Après avoir passé cette étape, ils nous ont livré à des miliciens qui nous ont menacés et tiré sur nous, Ce qu’ils ont fait et moi j’ai pris des bals dans les jambes et nous ont jeté en prison. Où la vie est intenable. Ce après nous avoir dépouillé de nos derniers petits jetons et billets de banques »

Les raisons d’un départ massif des jeunes africains de l’Ouest

Mais qu’est- ce qui attire tant ces jeunes africains de l’ouest dont la plupart périsse tant à la traversée de la Mer Méditerranée qui est devenue pour nos frères, un véritable mouroir, s’ils ne restent pas coincés en Lybie. Précisons que depuis la chute du régime Kadhafi , son pays est devenu une jungle et pays de non droit dont se disputent deux clans rivaux avec deux gouvernements dont l’un est reconnu par la communauté internationale. Selon M. Issiaka Konaté, le Dg des ivoiriens de l’extérieur, « à ce jour, ce sont plus de 200 mille subsahariens qui sont coincés en Lybie. Un pays qu’il faut stabiliser après la fermeture du passage marocain. En ce qui concerne les 11 mille arrivées en Italie, ceux dont ont parle sont des présumés ivoiriens( …). Il faut décourager l’immigration irrégulière et encourager la voie légale en démantelant les réseaux qui existent » Quant à Ouattara Issouf, secrétaire général de l’Ong ‘Sos immigration clandestine’ créée dans les années 2007, que nous avons interrogé en l’absence de son président en mission, croit en savoir davantage sur ce qui poussent ces jeunes africains à entrer dans la nasse de cette aventure. Il nous apprend : « En son temps déjà, les jeunes qui s’adonnaient à ce genre de voyage là voulaient forcement réussir en Europe alors qu’ils gagnaient bien souvent leur vie dans des activités informelles. L’exemple de ceux qui étaient là bas et qui avaient réussi à s’insérer là bas, les incitait à partir. Ils préféraient donc partir en Europe, faire un ‘ djossi’, fructifier leur argent et revenir investir au pays pour aider leurs familles. Aussi, après la décennie de crise qu’à traversé notre pays, la pauvreté c’est beaucoup accentuée. Le chômage des jeunes aussi. Etant donné qu’en 2007, certains ont pu entrer en Europe via la Méditerranée. Cela a encouragé beaucoup de jeunes à s’y essayer. Vu que l’obtention du visa pour y aller n’était pas du tout facile. Certains ont décidé de passer par cette voie là encouragés en cela par leurs parents.( …) dont les conditions d’existence étaient très pénibles » Depuis quelques années, le profil des candidats à l’immigration clandestine a changé. Car, « Avant on se disait que c’étaient les jeunes débrouillards et illettrés qui étaient concernés par le phénomène. Mais aujourd’hui, la jeunesse estudiantine est touchée de plein fouet. Voire même des agents de la fonction publique et des agents du secteur privé s’y adonnent également. Considéré comme un phénomène marginal il y a quelques années, l’immigration clandestine ne cesse de prendre de l’ampleur » Avant de faire cette révélation troublante : « Nous n’avions pas de chiffres exacts. Toutefois des jeunes de la Sous région, précisément des pays comme le Mali, le Burkina Faso venaient travailler ici en Côte d’Ivoire, se faire de l’argent pour pouvoir entreprendre ce voyage là. Lors de ces séjours là ils exerçaient des emplois saisonniers pour se faire de l’argent et retournaient chez eux. Mais Ils avaient eu l’occasion de se tisser des relations ici avec qui ils gardaient des contacts. ( …) En 2008 déjà, il n’ y avait pas assez de jeunes ivoiriens candidats au départ à l’immigration clandestines mais ceux qui venaient de la sous région étaient les plus nombreux »C’est tout dire ! Pourquoi Daloa est considérée à tord ou à raison comme le point de départ des convois à l’immigration clandestine ?

Malgré tout, ils sont tentés de repartir

« Beaucoup de jeunes ex- candidats à l’immigration clandestines viennent nous voir. C’est comme un échec dans leur vie. Ils ne nous expliquent pas où ils étaient, ils vivent en autarcie parce qu’ils ont le sentiment d’avoir échoué. Ce qui n’est pas le cas quand ils réussissent. Ce que nous faisons ici au niveau de notre Ong, c’est de les accompagner psychologiquement parce qu’ils sont prêts à repartir à tout moment. Selon ceux que nous recevons ici, tout ce que vous pouvez imaginer comme non respect des droits l’Homme ont lieu dans le désert. Aussi ceux sur qui nous arrivons à mettre la main, nous les aidons à rédiger des projets. Mais comme ils le disent eux-mêmes, ils préfèrent repartir et s’il le faut mourir sur la route. Parce que c’est plus fort qu’eux. Nous ici, aussi nous sommes dans un projet où nous assistons ceux qui ont accepté le rapatriement volontaire » nous confie Issouf Ouattara. Ce projet qui a déjà permis d’aider à la réintégration d’une dizaine de jeunes à travers le projet Avr qui est piloté par l’Oim( depuis 2016) qui a permis d’aider plusieurs dizaines d’ivoiriens à revenir aux pays. Ensemble nous sommes plusieurs acteurs à aider ceux qui reviennent volontairement Et si c’était à refaire ? Emile Lama qui est rentré à Abidjan le 21 mars 2017 est formel quand il dit : « Frère, si c’était à refaire je ne m’engagerais plus dans cette aventure périlleuse. C’est très dur ici à Tripoli. A Abidjan je gagnais bien pourtant ma vie. Je vais dans un premier temps me soigner et reprendre mon métier. Je suis menuisier ébéniste » Sur les 180 annoncés, ce sont plus de 150 volontaires qui sont effectivement rentrés à Abidjan. Depuis, leur retour, ils sont soit en pleine rééducation pour ceux qui et ont été blessés bals( Cas Emile Lama), soit sous assistance psychologique, pour se remettre des abus et traumatismes subits en ce qui concerne les mineurs. Si livrés désormais à eux-mêmes, ils tentent bien que mal de reprendre tout à zéro.
Bamba Mafoumgbé, bamaf2000@yahoo.fr
Encadré 1 : Plus 3500morts en moins d’un an
En 2016, les données de la Direction générale des ivoiriens de l’extérieur consolidées par l’Organisation international de la migration( Oim) sont très précises. Des données datant en effet de juillet 2016, en provenance de Lampedusa, une île Italienne d’une superficie de 20,2 km² et peuplée par moins de 6 000 habitants. En effet, sur 71 mille « aventuriers » africains recueillis dans cette ville, 4000à 4500 sont des jeunes ivoiriens. Des données qu’il faut revoir rapidement à la hausse depuis le début de l’année 2017. Les chiffres l’Organisation international de la migration,( Oim) ajoute qu’ « Avec 839 migrants, la Côte d’ivoire est en tête des arrivées en Italie via la mer méditerranée, du 1er janvier au 15 février 2017 contre 332 au cours de la même période en 2016 . Sur cette période la Côte d’Ivoire devançait ainsi, au cours de cette période, la Guinée (796) et le Nigéria (483) » Et les morts ? Les mêmes sources précisent que durant les 9 premiers mois de l’année 2016, « plus de 3 500 personnes avaient déjà perdu la vie sur les routes migratoires méditerranéennes. Ce malgré le sauvetage de milliers de personnes par les marines italienne et grecque. Cela représente 17,1 morts chaque jour depuis janvier, et plus de 90 % des morts que l’Oim a pu documenter sur l’ensemble des routes migratoires du monde en 2016 »
B. M.
Encadré 2 : De 130 mille Fcfa en 2000, les passeurs réclament plus de 1 million de Fcfa en 2017
Daloa, de l’avis de beaucoup de personnes ressources est jusque-là considéré comme la plaque tournante et point de départ de l’immigration clandestine. Un ‘ hub’ dont les circuits de convoyages des passagers partent de certaines communes d’Abidjan : Abobo, Adjamé, Koumassi… Des informations émanant de l’Ong « Sos immigration clandestine » nous confortent bien dans notre assertion « Fin 2016 nous sommes allés à Daloa qui est non seulement un point névralgique mais une petite localité. Tout ce qui survient est su de tout le monde. On nous a dit que le réseau de Daloa est le plus sûr pour arriver en Lybie » ajoute l’Ong « Sos immigration clandestine ». De la Côte d’Ivoire, les circuits de connexion partent des casses et autres marchés de ventes de téléphones mobiles bien connus sous l’appellation de ‘blackmarket’ voire même dans les lieux de culte. Puis, une brosse à dents, un drap de fortune, et une serviette dans un sac à dos, de bras valides, embarquent pour soit pour le Burkina Faso soit pour le Mali. Puis commence le périlleux voyage à travers le désert qui commence à partir d’Agadez au Niger. Puis l'Algérie, pour entrer en Libye par le sud, dans un village du nom de Gat. En route pour la capitale libyenne, les migrants passent par Obari, puis Sabbah. Mais combien déboursent- ils comme transport ? Si dans les années 2000 ce parcours du combattant pouvait coûter 130 mille Fcfa à partir de Bouaké, nos sources nous indiquent que « les candidats à cette forme d’immigration déboursent nos jours, au départ d’Abidjan entre 1 million de Fcfa et 1,1 million Fcfa, avant d’être convoyés vers Daloa par des passeurs. Précisément au quartier Marrai, majoritairement peuplé par la communauté malinké. Des jeunes de ce quartier malfamé de la ‘cité des antilopes’ n’hésitent pas à vendre des biens de leurs familles, pour s’offrir le fameux voyage.» Ici au quartier Marrai, des intermédiaires les mettent en contact avec un certain ‘Abou Premier’ ou ‘Diaby’. Qui sont-ils ? Nous ne pouvons en dire plus. Mais une chose est certaine, ‘Abou premier’ et ‘Diaby’ sont des personnages très mystiques et mystérieux. Au dire de potentiels candidats à l’immigration clandestine, « ce sont eux qui sont en contact avec les réseaux Touareg au Niger et dans le désert jusqu’en Libye. Chaque candidat a un nom de code en partant de la Côte d’Ivoire pour le Niger. Dans ce pays commence une autre étape dangereuse via le désert pour la Lybie avec un nom de code. Difficile ou presqu’impossible de communiquer avec ses parents restés au pays. S’il y a de l’argent à envoyer c’est à eux. Si tu persiste à leur échapper, ils peuvent te tuer froidement» Nous retrace M. B., la vingtaine révolue qui nous rapporte ainsi , les propos de plusieurs amis de quartiers qui ont eu la chance de se retrouver de l’autre côté de la Mer méditerranée. Ces derniers ont confié également à notre interlocuteur que d’autres aventuriers ivoiriens affirment avoir été régulièrement l’objet d’abus sexuel de la part de certains passeurs et autres acteurs de ce circuit du commerce macabre. « Ils ne sont pas humains. Très souvent, tu es obligé de passer à la casserole pour te faire sod…. Si tu ne veux pas, ils te battent comme leur femme » rapporte t-il. Daloa et pourtant, les résultats d’une enquête réalisée par ‘Sos immigration clandestine’ est formelle : « Le nombre de personnes qui part d’Abobo et d’Adjamé est plus élevé que celui de Daloa. D’Abobo en passant Adjamé, Koumassi et Abobo, les jeunes ne parlent que de ça. Nous avons infiltré des filières dans ces communes là. Les résultats de nos investigations sont édifiants. « 90 des jeunes interrogées veulent partir en Europe pour une raison ou pour une autre. Soit pour étudier soit pour mener une petite activité. En fin d’année 2015, il y a plus de 200 élèves qui n’ont pas subit les examens de fin d’année, parce qu’ils ont pris le chemin de l’immigration clandestine. Le monde estudiantin est en train d’être fortement miné par le fléau et c’est inquiétant ». Il est temps grand temps qu’on mettre en œuvre le plan Marshall tant promis, pour l’Afrique pour freiner l’immigration clandestine

B. M.
Chaque jour, en moyenne 17,1 morts depuis janvier 2017 selon l’Omi
[...]

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 Bilan et perspectives de la MUGEFCI avce SORO Mamadou PCA de la MUGEFCI

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Burkina : un poste de police attaqué dans le nord OUAGADOUGOU, 16 octobre (Xinhua) -- Le poste de police de Sollé, localité située au nord du Burkina Faso, a été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi par des assaillants non identifiés, a-t-on appris de sources locales. Des témoins contactés qui n'ont pas été à mesure de fournir un bilan, annoncent toutefois des dégâts matériels importants. Le nord du Burkina Faso est régulièrement la cible d'attaques terroristes depuis 2015. Dans un rapport intitulé "Nord du Burkina Faso : ce que cache le jihad", l'International Crisis Group appelle les autorités burkinabè à développer des réponses qui tiennent compte des dimensions sociales et locales de la crise dans cette partie du pays. Ce rapport, publié jeudi à Dakar, au Sénégal, se focalise sur la province du Soum, épicentre du conflit et lieu de naissance du groupe Ansarul Islam dirigé par Malam Ibrahim Dicko. Selon Crisis Group, longtemps épargné par les groupes armés actifs au Sahel, le Burkina Faso est confronté à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières visant la partie nord du pays. Le rapport souligne que l'insécurité au Nord du Burkina ne résulte pas uniquement d'un déficit de développement, d'une incompréhension entre un Etat central et un territoire lointain ou de l'influence négative d'un voisin en guerre. "Elle est surtout le résultat d'une crise profonde qui agite les groupes humains qui habitent les terroirs du Nord. C'est sur ces fractures très locales entre maîtres et sujets, dominants et dominés, anciens et modernes que Malam Dicko a bâti sa popularité". Pour Crisis Group, la résolution définitive de la crise dépendra en partie de la stabilisation du Mali ainsi que de la mise en place par le gouvernement et ses partenaires de plans efficaces de développement. Mais elle viendra aussi et surtout de la création de nouveaux équilibres sociaux et d'un règlement par les populations locales de leurs divisions actuelles. Fin
Zuma réaffirme son engagement en faveur de l'établissement d'une ZLEC en Afrique LE CAP, 9 octobre (Xinhua) -- Le président sud-africain Jacob Zuma a réaffirmé lundi l'engagement de l'Afrique du Sud en faveur de la création d'une zone de libre-échange continentale (ZLEC), comme le prévoit l'Union africaine (UA). L'Afrique du Sud prend très au sérieux les négociations de la ZLEC, car l'intervention a le potentiel de contribuer positivement à la croissance économique et au développement en Afrique, a déclaré M. Zuma, tout en répondant aux questions des parlementaires à l'Assemblée nationale. "Notre engagement à l'égard de la ZLEC est attesté par le fait que l'Afrique du Sud a accueilli la réunion de l'Assemblée des chefs d'Etats de l'UA qui a lancé les négociations de la ZLEC", a déclaré M. Zuma. L'UA a décidé en 2012 de créer la ZLEC d'ici octobre 2017 et la décision a été réaffirmée à Addis-Abeba (Éthiopie) en novembre 2016. L'objectif est de renforcer le commerce intra-régional et de faire en sorte que les pays africains font du commerce les uns avec les autres à de meilleurs conditions que celles des pays tiers. La ZLEC est également l'une des priorités de l'Agenda 2063 établi par l'UA. Apparemment se référant à des préoccupations sur peu de progrès réalisés dans la mise en place de la ZLEC, M. Zuma a indiqué que l'Assemblée des chefs d'Etats de l'UA reçoit régulièrement des informations sur les progrès. Chaque partie à la négociation procède à une évaluation souveraine des avantages de l'entrée dans les négociations de la ZLEC et fait en sorte que les avantages l'emportent sur les considérations négatives qui en découlent, a déclaré M. Zuma. En Afrique du Sud, les négociations de la ZLEC reçoivent la plus grande attention politique, a déclaré M. Zuma. Il a souligné que son pays fournirait les conseils nécessaires pour progresser rapidement vers la conclusion de la ZLEC. "Pour démontrer notre engagement à finaliser rapidement les négociations de la ZLEC, l'Afrique du Sud a récemment accueilli des réunions des groupes de travail techniques de la ZLEC et d'un forum de négociations du 20 août au 2 septembre 2017 à Durban", a déclaré le président sud-africain. En outre, l'Afrique du Sud a fait des propositions spécifiques pour la conclusion des négociations de la ZLEC, a-t-il ajouté. L'Afrique du Sud a avancé l'approche d'intégration au développement de la ZLEC qui combine l'intégration du marché, le développement industriel et d'infrastructure, selon M. Zuma. Cette approche garantit que l'Afrique s'attaque aux contraintes fondamentales au commerce intra-africain et à l'intégration de l'Afrique dans l'économie mondiale, y compris les contraintes liées à la production et à l'offre, a expliqué M. Zuma. L'Afrique du Sud soutient les accords de libre-échange qui reconnaissent expressément les différences de niveau de développement et créent par conséquent des obligations différenciées, a-t-il noté. "L'Afrique du Sud est donc résolue à faire en sorte que la ZLEC profite à tous les Etats membres de l'UA", a déclaré M. Zuma. L'Afrique du Sud défend également le maintien de l'espace de politique dans tout accord de libre-échange pour la promotion des objectifs nationaux de développement tels que l'industrialisation, l'accès à une santé publique abordable et l'introduction d'autres mesures de développement dans toutes les négociations de libre-échange auxquelles participe l'Afrique du Sud, y compris la ZLEC, a déclaré M. Zuma. Fin
L'UA appelle à des élections pacifiques au Liberia ADDIS ABEBA, 9 octobre (Xinhua) -- Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a exhorté tous les acteurs politiques du Liberia à assurer un processus électoral démocratique, crédible et pacifique à la veille des élections du pays prévues le 10 octobre. Selon un communiqué du bloc panafricain publié lundi, le président de la Commission de l'UA a appelé tous les Libériens, en particulier les dirigeants des partis politiques et leurs partisans, à aborder les prochaines élections présidentielles et de la Chambre des représentants avec le même esprit de tolérance. Il a exhorté la Commission électorale nationale à assurer l'impartialité, la transparence et la justice, afin d'assurer la légitimité et l'approbation des résultats électoraux. En faisant cet appel, M. Mahamat est conscient de l'importance historique de ces élections. Elles sont en effet les troisièmes depuis la fin des deux guerres civiles (1989-1997 et 1999-2003) au Liberia et marqueront le premier transfert de pouvoir démocratique dans le pays. Ces élections se dérouleront dans le contexte de la sortie du pays des conséquences dévastatrices de l'épidémie de la maladie à virus Ebola de 2014-2015, a indiqué le communiqué. Le président de la Commission de l'UA a réitéré l'engagement et le soutien de l'UA à la transition historique au Liberia visant à ancrer une culture de démocratie et de paix, condition préalable au développement socio-économique durable. Il a déclaré que l'UA continuerait à travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale, notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les Nations unies. Il a également souligné le rôle clé joué par la CEDEAO et l'ONU, notamment par la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) dans la stabilisation du pays. Le bloc panafricain a dépêché une équipe d'observateurs électoraux dirigée par l'ancien vice-président de la Commission de l'UA, Erastus Mwencha, et l'équipe comprend 14 observateurs à long terme et 50 observateurs à court terme. Fin
PARIS, 5 octobre (Xinhua) -- La Chine, qui est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique en 2009, peut jouer un rôle majeur dans son industrialisation, par les investissements et le partage de son savoir-faire, a affirmé Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l'OCDE, lors d'une récente interview accordée à Xinhua. "Beaucoup de pays ont eu ces dernières années des taux de croissance bien plus importants que dans les pays de l'OCDE. 83 pays ont eu plus que le double du taux de croissance des pays de l'OCDE en 2000 et 2010. Et cela s'explique aussi par le rôle de la Chine", a rappelé M. Pezzini. Par exemple, en termes de partenariat commercial, la Chine devient en 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique, et elle est également le principal partenaire d'autres pays, comme le Chili, le Brésil ou le Pérou, a-t-il expliqué. La Chine a fait aussi beaucoup d'investissements en Afrique, elle peut donc "sans aucun doute partager l'expérience qu'elle a mûrie en termes de construction de zones industrielles, ce que la Chine est déjà en train de faire", a indiqué l'économiste. Selon lui, la Chine devient de plus en plus un partenaire en matière de coopération Sud-Sud, et peut dans ce cadre également jouer un rôle important en Afrique. "Il y a par exemple un organisme en Chine, basé à Hong Kong, dont un des trois objectifs est de construire des projets dans lesquels il transfert le savoir-faire (chinois) dans la création de zones industrielles ailleurs qu'en Chine, et en utilisant l'expérience de la Chine", a souligné M. Pezzini. Fin

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