L’Etat a-t-il raison de bloquer les comptes des entreprises agrobusiness ?

Le Conseil national du Crédit (Cnc), est un organisme qui étudie les conditions de fonctionnement du système bancaire et financier, notamment dans ses relations avec la clientèle et dans la gestion des moyens de paiement ainsi que les conditions de financement de l’activité économique. En tant que tel, le Cnc peut être consulté sur toute question monétaire ou de crédit. Il émet des avis et peut faire procéder aux études qu’il juge nécessaires. C’est fort de tous ces attributs qu’ à sa demande, un groupe de travail composé de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (Dgtcp), de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), de l’Association professionnelle des Banques et établissements financiers de Côte d'Ivoire (Apbef-CI), de la Cellule nationale de Traitement des informations financières (Centif), de la Police économique, du ministère de l’Agriculture et du Développement rural et du Centre national de recherche agronomique (Cnra) a été installé pour comprendre le modèle économique des structures agrobusiness. Avec pour but de faire des recommandations idoines aux autorités en vue d’encadrer et réglementer ce secteur d’activité. Il ressort des investigations que les acteurs « ne sont pas des professionnels du secteur agricole. Certains d’entre eux sont connus des services de la Police pour des faits d’escroquerie ou de criminalités financiers ». Aussi, il est mentionné dans le rapport, « une forte inadéquation entre le nombre de souscripteurs et les surfaces cultivées. Pendant que les parcelles de terres déclarées mises en valeur ou non ne sont généralement pas la propriété des entreprises et les titres d’exploitation de ces terres sont des actes sous seing privé. Aucun promoteur n’a pu présenter un titre foncier rural » Aussi, il est établi très clairement dans le document dont nous avons lu de larges extraits que les sociétés concernées par l’étude fonctionnent pour la plupart sous le modèle pyramidal ou système de Ponzi, traduisant ainsi la non-viabilité du modèle. Quid de l’impact sur l’activité du secteur bancaire classique ? Sur ce point précis, il est fait cas de la possibilité de détournement des fonds dans les entreprises en vue de les placer dans l’agrobusiness. Ce qui peut compromettre l’équilibre financier de ces entreprises voire conduire à la faillite de celles-ci et accroître le volume des créances litigieuses des banques. Sans oublier la transposition du risque de défaillance des entreprises d’agrobusiness au secteur bancaire, en raison des éventuels prêts que pourraient solliciter ces entreprises auprès des banques pour la couverture des Revenus sur investissements( Rsi). Ajouté à cela le fait que « différents risques sont susceptibles de ternir l’image du pays, de dégrader l’environnement des affaires et d’engendrer des remous sociaux » Mais une préoccupation demeure malgré tout. Si ces promoteurs et responsables d’entreprises agrobusiness ont pu s’implanter en Côte d’Ivoire, pour opérer, c’est parcequ’ ils ont quelque part, obtenu une autorisation de l’administration ivoirienne. Pourquoi avoir laissé prospérer ces dirigeants en question ? Pourquoi n’a-t-elle pas diligenté de façon inopinée des enquêtes sur le terrain pour voir si ces entreprises respectaient ou non à la lettre leur objet social ? Autant de questions qui méritent des éclairages limpides des services étatiques en charge de la délivrance des agréments et autorisations aux entreprises qui s’implantent en Côte d’Ivoire. Après avoir bloqué les comptes des entreprises en question et après avoir découvert le pot au rose, il urge désormais d’aller vite, d’arrêter le mode opératoire pour le désintéressement des 36 699 souscripteurs. Afin de ne pas faire revivre à ceux-ci, le feuilleton des maisons de placement que la Côte d’Ivoire a connu en 2006( voir encadré 2).
Stéphane d’Avignon

Légende photo : sous le prétexte d’aider les populations dans la production de vivriers, les promoteurs d’entreprises agrobusiness ont visiblement arnaqué de pauvres souscripteurs

Encadré 1 : De la chaine Ponzi à Bernard Madoff : l’arnaque au bout de la chaine

De l’avis d’experts interrogés par le site d’information Le Figaro.fr, « le système de la chaine Ponzi, du nom d’un escroc américain Charles Ponzi qui était parvenu à extorquer à ses clients, quelque 15 millions de dollars soit plus de 9 milliards de Fcfa, est un système pyramidal qui repose sur le versement d’intérêts hors normes (10, 15 ou 20% l’an) »Ces intérêts énormes sont tout simplement payés aux investisseurs ou aux placeurs, avec l’argent des nouveaux arrivants. Plus les intérêts sont importants, plus les clients affluent et alimentent la machine. Le système fonctionne très bien tant que les nouveaux arrivants apportent de l’argent frais, mais il s’effondre très vite dès que les souscriptions se tarissent, car il n’y a plus de quoi tenir les engagements de rendements promis aux souscripteurs les plus anciens. Etions- nous arrivés à ce stade là en Côte d’Ivoire quand les comptes bancaires des fameuses entreprises ont été bloqués ? Nous n’en savons rien. Le cas de plus célèbre d’escroquerie à partir du modèle Ponzi a été le système mis en place par le tristement célèbre Bernard Madoff qui est parvenu à abuser ses clients pendant plus de 40 ans. Le système a tenu car le célèbre homme d’affaires américain avait maquillé sa pyramide en expliquant que ses performances extraordinaires reposaient sur les placements alternatifs (les fameux hedge fonds). En mettant en avant ces produits, dont personne ne connaissait le fonctionnement, il expliquait qu’il pouvait assurer à ses clients des rendements situés autour de 8 à 12% l’an, ce qui paraissait crédible pour ce type de placements novateurs. Le système mis en place par Bernard Madoff n’a pas survécu à la crise financière des «subprime» et à la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008. Madoff a été démasqué et mis en prison à la fin de cette même année. Il gérait un peu plus de 17 milliards de dollars, (soit plus de 10200milliards de Fcfa), ses clients ont presque tout perdu.

Stéphane d’A.

Encadré 2 :
Retour sur l’affaire des « maisons de Placement » en Côte d’Ivoire


Il nous souvient que courant 2005- 2006, la Côte d’Ivoire a été secouée également par une affaire de ce genre : Les « maisons de placements » dont les responsables ont fini pour la plupart par se fondre dans la nature avec le ‘ pognon’ des souscripteurs. Un rapprochement peut-être fait avec la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire depuis le dernier trimestre 2016, chez de milliers de placeurs d’alors qui continuent de s’interroger sur ce qui leur est arrivé ? L’on se rappelle encore de ces maisons aux noms célèbres : World Crystal.Ci Sarl dont le siège était à Koumassi Remblai derrière le supermarché Discount. A l’époque, les responsables et les démarcheurs fonctionnaient par un système de parrainage, chômeurs, débrouillards et autres petits commis se bousculaient pour remplir les contrats d’adhésion. Car, en qualité d’intermédiaire, cette structure se chargeait de placer en ses lieux et places, le fonds de l’adhérant, sur le marché du e.business notamment celui des High Yeld Investment Programs,( Hyip ) A l’article 3 du précieux document, un genre de « sésame ouvre toi » il est écrit clairement ceci : « Article3 :ces placements financiers font encourir des risques . En souscrivant, la partie A, accepte délibérément les risques attachés au placement. Par conséquent, ni les compagnies qui reçoivent les fonds, ni World Cristal Sarl (intermédiaire), ni son personnel et ses représentants n’assument les pertes des intérêts escomptés du capital déposé » Est-ce que ces mêmes dispositions figurent dans les contrats qui lient les ‘investisseurs’ actuels aux entreprises agrobusiness ? Les souscripteurs pourraient nous répondre. Aussi, en décidant de s’ouvrir au grand public, les promoteurs d’alors des maisons de placement de capitaux qui foisonnaient sur la place, avaient une ambition noble :faire profiter à un plus grand nombre, les biens faits du Commerce électronique .Malheureusement, face aux nombreuses arnaques et la ruée des ivoiriens vers ces promoteurs dont l’activité mettait à mal, la survie des banques classiques, l’Association Interprofessionnelle du Système de financement Décentralisé de Cote d’Ivoire,(Aisfdci ) a saisi la tutelle qui n’est autre que le Trésor public pour attirer son attention sur le péril qui se profilait à l’horizon . Surtout à cause des taux d’intérêts qui dépassent parfois les 1000% où les banques classiques et commerciales dans l’espace Uemoa proposent tout au plus 10% . A l’époque, le gouvernement avait invité les populations à faire attention à ces banques ‘ wouya wouya’. Mais hélas, l’affaire était plus forte que les ivoiriens. Certains ont gagné gros pendant que d’autres ont sèchement perdu leurs mises. Aux rangs de ceux ci, Mlle Zroma Philomène, étudiante alors en fin de cycle en Commerce International. Elle nous avait raconté son expérience :« Après mes études dans une université Tunisienne, je suis revenue au pays en 2005. Sur ma petite économie, j’ai placé à Jesa International Service, la rondelette somme de 350 mille Fcfa .Au bout de la période de souscription j’ai obtenu la coquette somme de 1 ,5 million de Fcfa .Ce qui ne semble pas être le cas à Nast Sarl .Où dit on les choses semblaient bien fonctionner pour la clientèle. Car, en principe le 27 juillet 2006 je devrais percevoir 1 ,5 million de Fcfa . », nous avait-elle confié avec un pincement au cœur au moment des faits. Rien qu’à la Maison Jesa International Service, l’avoir des 4mille souscripteurs, se chiffrait dit-on à environ 14 milliards de Fcfa . « Le placement de cette somme, aurait dit- on rapporté 48 milliards de Fcfa à La Maison Jesa Internationale Service. Sur cette somme, Toudzi Ati Kodjo son Dg pouvait facilement nous payer .Mais que non ! Non seulement ,il est porté disparu, mais aussi jusqu’à ce jour, nous avons reçu pas pour certains les gains et les capitaux pour d’autres » nous avait précisé , Loukou,porte- parole du comité ad hoc des souscripteurs de Jesa. Face à la situation et face à la grogne qui montait, le ministère de l’Economie et des Finances avait fait fermer les vannes. A- t - elle point que ces maisons de placement en question, ont eu du mal à avoir de la liquidité qui venait des maisons mères ,basées à l’étranger ,pour rembourser les souscripteurs. Aussi, il a été demandé à d’autre de se muer en institutions de microfinance. Hélas… ! La suite du dossier ? On ne peut vous dire plus. Car la crise poste électorale de 2011, n’a certainement pas arrangé les choses. De l’ avis de certains experts, des pays comme le Philippines, le mécontentement des souscripteurs a occasionné, il y a une décennie, plus de 2mille morts. Pendant qu’en Albanie, l’on a assisté à une vague d’insécurité et de trouble à l’ordre public Mais aussi et surtout le désespoir chez les épargnants qui ont parfois emprunté de fortes sommes pour s’engager dans ce genre d’opération.
S. d’Avignon


Encadré 3 : Les souscripteurs disent non à l’immixtion de l’Etat dans leur affaire
Le gouvernement ivoirien à travers un comité de veille présidé par le Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique (Dgtcp), a décidé de rembourser le capital les souscripteurs des entreprises des fonds participatifs, communément appelées sociétés Agrobusiness. Ce comité de veille a été mis en place en effet le samedi 4 février 2016. Selon M. Assahoré Konan Jacques, le président dudit comité, « le remboursement de ce capital se fera dans la transparence et l’équité. Il se fera avec l’établissement préalable des listes des souscripteurs authentifiés et des montants investi par société, avec la collaboration des souscripteurs et des banques où sont domiciliés les fonds des différentes sociétés d’Agrobusiness » Une option qui n’est pas partagée par un collectif de souscripteurs. Qui au lendemain de l’annonce, c’est-à-dire le lundi 6 février 2017, a rejeté la démarche indiquée plus haut. En leur nom, Ouattara Kouakou, leur porte- parole a dénoncé cette manœuvre de l’Etat de Côte d’Ivoire quand il dit : « Nous rejetons en bloc le communiqué du comité de veille et refusons le remboursement du capital investi sur la base des soi-disant fonds disponibles. Nous disons non, non et non car nous n’avons signé aucun contrat avec l’Etat Ivoirien, mais plutôt, avec nos partenaires que sont les entreprises Agrobusiness. Nous demandons le dégel pur et simple des comptes des entreprises Agrobusiness pour permettre à ces dernières, avec qui chaque souscripteur est lié par voire contractuelle, de payer nos Retours sur investissement( Rsi) et nous demandons la relaxe pur et simple des responsables des différentes structures » Ont-ils raison de prendre une telle position ? L’avenir nous le dira.
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Dossier/ ‘Affaire entreprises agrobusiness’ en Côte d’Ivoire: Quand la course au gain rapide tourne à l’arnaque

Posté le 08-02-2017 | 531 Vue(s)

amanien.info
‘L’affaire entreprises agrobusiness’ continue de faire des vagues en Côte d’Ivoire. Les propriétaires des entreprises en question voient leurs comptes bancaires geler par le Trésor public qui voudrait bien voir claire dans l’affaire.. Pendant ce temps, de milliers de souscripteurs qui déchantent face à l’absence du juteux retour sur investissement( Rsi) promis grognent et menacent. Dossier

Monhevea.com, agrobiz.com, Moninterêt, Agriellvoire et Respiidia World Group. Ces appellations mettent non seulement l’eau à la bouche mais appâtent les amateurs de courses au gain rapide. Officiellement, le Trésor public ivoirien au départ, parlé de 17 puis 27 entreprises du genre qui exercent en Côte d’Ivoire dans l’agrobusiness. Qui en principe est l’ensemble des activités et des transactions en relation avec l'agriculture et les industries agroalimentaires. Ces structures sont des filiales de groupes bien connus dans le fichier de l’administration ivoirienne. Car, selon les résultats du rapport du Groupe de travail mis en place par le gouvernement ivoirien, « ces filiales sont en Côte d’Ivoire depuis courant 2008 et 2009 quand elles ont commencé timidement en Côte d’Ivoire » Sous la coupole soit de l’agrobusiness, donc de l’agriculture soit des opérations immobilières, voire de la lutte contre la pauvreté, elles appâtent les éventuels candidats aux gains rapides. Ainsi, elles proposent aux souscripteurs des taux d’intérêts repensant le double voire le triple proposé voire plus que celui proposé par les banques classiques conformément aux prescriptions et recommandations de la Commission bancaire de Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest( Bceao).Cette dernière est la Banque d’émission de 8 pays ayant en comme l’usage du Fcfa en Afrique de l’ouest. Citons la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Togo, le Niger, le Benin, la Guinée Bissau et le Burkina Faso. Dans ces pays là, le taux de placement des Dépôts à termes( Dat) tourne autour de 3,5%. Tel un phénomène de mode et comme l’aiment si bien les ivoiriens et à travers la stratégie de communication de bouche à oreille, l’on a assisté à une ruée massive vers ces structures. Des jeunes fonctionnaires, aux petits commis , en passant par les travailleurs du privé, dans l’optique de faire rapidement du gain sur leurs placements, s’y sont jeté tels de gros poissons dans la nasse. Le bilan des souscriptions est lourd. Selon le rapport du Groupe de travail, « ‘le phénomène d’agro-business’ a commencé timidement en Côte d’Ivoire entre 2008 et 2009 avec Monhevea.com et Respiidia World Group pour atteindre sa vitesse de croisière en 2016 avec l’enregistrement de vingt-six (26) autres entreprises ; le phénomène touche au moins 36 699 personnes physiques résidentes et non résidentes pour un montant de 66 milliards Fcfa correspondant au capital investi par les souscripteurs au 06 Janvier 2017 » Mais quel est la responsabilité de l’administration ivoirienne et sur quel modèle économique travaillent ces structures dont le rapport avec leurs clients ressemble à celui des ‘maisons de placement d’argent’ qui ont aussi arnaqué courant 2005- 2006 (voir encadré 1). Pour fructifier leur argent, des ivoiriens ou non ivoiriens à la recherche du gain rapide ont parfois retiré de grosses sommes sur leurs comptes en banque ou sous les matelas pour les faires fructifier à souhait. Ce après avoir entendu parler des fameuses transactions juteuses par un proche ou un collègue. Madame Koloko, la quarantaine révolue, est commerçante de son état. Devant un point de vente de journaux au quartier Abobo-Dokoui porte en bandoulière, un sac bourré de friperie qu’elle va certainement placer auprès de ses clients. En route, dame Koloko s’offre un peut de temps pour faire de la "titrologie", c'est-à-dire commenter la Une des journaux du jour. En s’attardant sur cette une d’un journal de la place qui barre sa une avec l’information relative au blocage des comptes des entreprises agrobusiness. Après avoir reniflé un coup sec, elle s’interroge : « Comment allons nous faire pour retirer notre argent ? Après un premier placement de Cinq cent mille Fcfa, j’ai gagné gros au bout de six mois. Puis j’ai refait un autre placement avec le soutien de mon marie. Voilà que tout est bloqué » Comme elle, Koffi K. employé de bureau dans une entreprise opérant dans les bâtiments et travaux publics( Btp) est aussi un souscripteur. Très désemparé, M. Koffi qui dit avoir entendu parler de ‘ces placements’ grâce à un ami qui est employé de banque à Abidjan qui en parlait en marge d’une veillée de prière quand il dit : « Lors d’un repas en marge d’une séance de prière, un frère en parlait à un groupe et moi je l’ai ai approché. Ces explications étaient tellement attractives que j’ai décidé de rentrer dans le jeu. J’ai alors demandé un prêt à ma banque qui n’a pas refusé. J’ai donc placé 1 million de Fcfa et au bout de six mois, le gain était très intéressant. Alors que je m’apprêtais à faire un autre placement, j’ai été déconseillé par un ami qui m’a dit que ce genre d’opération s’écroule toujours »Heureusement pour ce dernier, malheureusement pour les36 699 souscripteurs dont certains accusent les professionnels des banques et certains gros bonnets de la République d’être à la base du blocage des activités des entreprises agrobusiness. « Les banques refusent de nous faire du crédit ou alors quand elles le font les conditions de remboursement sont très contraignantes et rigoureuses. Ces entreprises agrobusiness voulaient nous aider avoir un peu d’argent et voilà que les banques viennent mettre des battons dans les roues de ces structures là. Que l’Etat nous laisse gérer notre affaire avec les entreprises avec qui nous avons dument signé des contrats. », ne décolère pas G. Constant, consultant en communication. Ont t-ils raison les souscripteurs désormais constitués en collectifs et qui pensent comme notre interlocuteurs ?( Voir encadré )

L’Etat a-t-il raison de bloquer les comptes des entreprises agrobusiness ?

Le Conseil national du Crédit (Cnc), est un organisme qui étudie les conditions de fonctionnement du système bancaire et financier, notamment dans ses relations avec la clientèle et dans la gestion des moyens de paiement ainsi que les conditions de financement de l’activité économique. En tant que tel, le Cnc peut être consulté sur toute question monétaire ou de crédit. Il émet des avis et peut faire procéder aux études qu’il juge nécessaires. C’est fort de tous ces attributs qu’ à sa demande, un groupe de travail composé de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (Dgtcp), de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), de l’Association professionnelle des Banques et établissements financiers de Côte d'Ivoire (Apbef-CI), de la Cellule nationale de Traitement des informations financières (Centif), de la Police économique, du ministère de l’Agriculture et du Développement rural et du Centre national de recherche agronomique (Cnra) a été installé pour comprendre le modèle économique des structures agrobusiness. Avec pour but de faire des recommandations idoines aux autorités en vue d’encadrer et réglementer ce secteur d’activité. Il ressort des investigations que les acteurs « ne sont pas des professionnels du secteur agricole. Certains d’entre eux sont connus des services de la Police pour des faits d’escroquerie ou de criminalités financiers ». Aussi, il est mentionné dans le rapport, « une forte inadéquation entre le nombre de souscripteurs et les surfaces cultivées. Pendant que les parcelles de terres déclarées mises en valeur ou non ne sont généralement pas la propriété des entreprises et les titres d’exploitation de ces terres sont des actes sous seing privé. Aucun promoteur n’a pu présenter un titre foncier rural » Aussi, il est établi très clairement dans le document dont nous avons lu de larges extraits que les sociétés concernées par l’étude fonctionnent pour la plupart sous le modèle pyramidal ou système de Ponzi, traduisant ainsi la non-viabilité du modèle. Quid de l’impact sur l’activité du secteur bancaire classique ? Sur ce point précis, il est fait cas de la possibilité de détournement des fonds dans les entreprises en vue de les placer dans l’agrobusiness. Ce qui peut compromettre l’équilibre financier de ces entreprises voire conduire à la faillite de celles-ci et accroître le volume des créances litigieuses des banques. Sans oublier la transposition du risque de défaillance des entreprises d’agrobusiness au secteur bancaire, en raison des éventuels prêts que pourraient solliciter ces entreprises auprès des banques pour la couverture des Revenus sur investissements( Rsi). Ajouté à cela le fait que « différents risques sont susceptibles de ternir l’image du pays, de dégrader l’environnement des affaires et d’engendrer des remous sociaux » Mais une préoccupation demeure malgré tout. Si ces promoteurs et responsables d’entreprises agrobusiness ont pu s’implanter en Côte d’Ivoire, pour opérer, c’est parcequ’ ils ont quelque part, obtenu une autorisation de l’administration ivoirienne. Pourquoi avoir laissé prospérer ces dirigeants en question ? Pourquoi n’a-t-elle pas diligenté de façon inopinée des enquêtes sur le terrain pour voir si ces entreprises respectaient ou non à la lettre leur objet social ? Autant de questions qui méritent des éclairages limpides des services étatiques en charge de la délivrance des agréments et autorisations aux entreprises qui s’implantent en Côte d’Ivoire. Après avoir bloqué les comptes des entreprises en question et après avoir découvert le pot au rose, il urge désormais d’aller vite, d’arrêter le mode opératoire pour le désintéressement des 36 699 souscripteurs. Afin de ne pas faire revivre à ceux-ci, le feuilleton des maisons de placement que la Côte d’Ivoire a connu en 2006( voir encadré 2).
Stéphane d’Avignon

Légende photo : sous le prétexte d’aider les populations dans la production de vivriers, les promoteurs d’entreprises agrobusiness ont visiblement arnaqué de pauvres souscripteurs

Encadré 1 : De la chaine Ponzi à Bernard Madoff : l’arnaque au bout de la chaine

De l’avis d’experts interrogés par le site d’information Le Figaro.fr, « le système de la chaine Ponzi, du nom d’un escroc américain Charles Ponzi qui était parvenu à extorquer à ses clients, quelque 15 millions de dollars soit plus de 9 milliards de Fcfa, est un système pyramidal qui repose sur le versement d’intérêts hors normes (10, 15 ou 20% l’an) »Ces intérêts énormes sont tout simplement payés aux investisseurs ou aux placeurs, avec l’argent des nouveaux arrivants. Plus les intérêts sont importants, plus les clients affluent et alimentent la machine. Le système fonctionne très bien tant que les nouveaux arrivants apportent de l’argent frais, mais il s’effondre très vite dès que les souscriptions se tarissent, car il n’y a plus de quoi tenir les engagements de rendements promis aux souscripteurs les plus anciens. Etions- nous arrivés à ce stade là en Côte d’Ivoire quand les comptes bancaires des fameuses entreprises ont été bloqués ? Nous n’en savons rien. Le cas de plus célèbre d’escroquerie à partir du modèle Ponzi a été le système mis en place par le tristement célèbre Bernard Madoff qui est parvenu à abuser ses clients pendant plus de 40 ans. Le système a tenu car le célèbre homme d’affaires américain avait maquillé sa pyramide en expliquant que ses performances extraordinaires reposaient sur les placements alternatifs (les fameux hedge fonds). En mettant en avant ces produits, dont personne ne connaissait le fonctionnement, il expliquait qu’il pouvait assurer à ses clients des rendements situés autour de 8 à 12% l’an, ce qui paraissait crédible pour ce type de placements novateurs. Le système mis en place par Bernard Madoff n’a pas survécu à la crise financière des «subprime» et à la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008. Madoff a été démasqué et mis en prison à la fin de cette même année. Il gérait un peu plus de 17 milliards de dollars, (soit plus de 10200milliards de Fcfa), ses clients ont presque tout perdu.

Stéphane d’A.

Encadré 2 :
Retour sur l’affaire des « maisons de Placement » en Côte d’Ivoire


Il nous souvient que courant 2005- 2006, la Côte d’Ivoire a été secouée également par une affaire de ce genre : Les « maisons de placements » dont les responsables ont fini pour la plupart par se fondre dans la nature avec le ‘ pognon’ des souscripteurs. Un rapprochement peut-être fait avec la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire depuis le dernier trimestre 2016, chez de milliers de placeurs d’alors qui continuent de s’interroger sur ce qui leur est arrivé ? L’on se rappelle encore de ces maisons aux noms célèbres : World Crystal.Ci Sarl dont le siège était à Koumassi Remblai derrière le supermarché Discount. A l’époque, les responsables et les démarcheurs fonctionnaient par un système de parrainage, chômeurs, débrouillards et autres petits commis se bousculaient pour remplir les contrats d’adhésion. Car, en qualité d’intermédiaire, cette structure se chargeait de placer en ses lieux et places, le fonds de l’adhérant, sur le marché du e.business notamment celui des High Yeld Investment Programs,( Hyip ) A l’article 3 du précieux document, un genre de « sésame ouvre toi » il est écrit clairement ceci : « Article3 :ces placements financiers font encourir des risques . En souscrivant, la partie A, accepte délibérément les risques attachés au placement. Par conséquent, ni les compagnies qui reçoivent les fonds, ni World Cristal Sarl (intermédiaire), ni son personnel et ses représentants n’assument les pertes des intérêts escomptés du capital déposé » Est-ce que ces mêmes dispositions figurent dans les contrats qui lient les ‘investisseurs’ actuels aux entreprises agrobusiness ? Les souscripteurs pourraient nous répondre. Aussi, en décidant de s’ouvrir au grand public, les promoteurs d’alors des maisons de placement de capitaux qui foisonnaient sur la place, avaient une ambition noble :faire profiter à un plus grand nombre, les biens faits du Commerce électronique .Malheureusement, face aux nombreuses arnaques et la ruée des ivoiriens vers ces promoteurs dont l’activité mettait à mal, la survie des banques classiques, l’Association Interprofessionnelle du Système de financement Décentralisé de Cote d’Ivoire,(Aisfdci ) a saisi la tutelle qui n’est autre que le Trésor public pour attirer son attention sur le péril qui se profilait à l’horizon . Surtout à cause des taux d’intérêts qui dépassent parfois les 1000% où les banques classiques et commerciales dans l’espace Uemoa proposent tout au plus 10% . A l’époque, le gouvernement avait invité les populations à faire attention à ces banques ‘ wouya wouya’. Mais hélas, l’affaire était plus forte que les ivoiriens. Certains ont gagné gros pendant que d’autres ont sèchement perdu leurs mises. Aux rangs de ceux ci, Mlle Zroma Philomène, étudiante alors en fin de cycle en Commerce International. Elle nous avait raconté son expérience :« Après mes études dans une université Tunisienne, je suis revenue au pays en 2005. Sur ma petite économie, j’ai placé à Jesa International Service, la rondelette somme de 350 mille Fcfa .Au bout de la période de souscription j’ai obtenu la coquette somme de 1 ,5 million de Fcfa .Ce qui ne semble pas être le cas à Nast Sarl .Où dit on les choses semblaient bien fonctionner pour la clientèle. Car, en principe le 27 juillet 2006 je devrais percevoir 1 ,5 million de Fcfa . », nous avait-elle confié avec un pincement au cœur au moment des faits. Rien qu’à la Maison Jesa International Service, l’avoir des 4mille souscripteurs, se chiffrait dit-on à environ 14 milliards de Fcfa . « Le placement de cette somme, aurait dit- on rapporté 48 milliards de Fcfa à La Maison Jesa Internationale Service. Sur cette somme, Toudzi Ati Kodjo son Dg pouvait facilement nous payer .Mais que non ! Non seulement ,il est porté disparu, mais aussi jusqu’à ce jour, nous avons reçu pas pour certains les gains et les capitaux pour d’autres » nous avait précisé , Loukou,porte- parole du comité ad hoc des souscripteurs de Jesa. Face à la situation et face à la grogne qui montait, le ministère de l’Economie et des Finances avait fait fermer les vannes. A- t - elle point que ces maisons de placement en question, ont eu du mal à avoir de la liquidité qui venait des maisons mères ,basées à l’étranger ,pour rembourser les souscripteurs. Aussi, il a été demandé à d’autre de se muer en institutions de microfinance. Hélas… ! La suite du dossier ? On ne peut vous dire plus. Car la crise poste électorale de 2011, n’a certainement pas arrangé les choses. De l’ avis de certains experts, des pays comme le Philippines, le mécontentement des souscripteurs a occasionné, il y a une décennie, plus de 2mille morts. Pendant qu’en Albanie, l’on a assisté à une vague d’insécurité et de trouble à l’ordre public Mais aussi et surtout le désespoir chez les épargnants qui ont parfois emprunté de fortes sommes pour s’engager dans ce genre d’opération.
S. d’Avignon


Encadré 3 : Les souscripteurs disent non à l’immixtion de l’Etat dans leur affaire
Le gouvernement ivoirien à travers un comité de veille présidé par le Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique (Dgtcp), a décidé de rembourser le capital les souscripteurs des entreprises des fonds participatifs, communément appelées sociétés Agrobusiness. Ce comité de veille a été mis en place en effet le samedi 4 février 2016. Selon M. Assahoré Konan Jacques, le président dudit comité, « le remboursement de ce capital se fera dans la transparence et l’équité. Il se fera avec l’établissement préalable des listes des souscripteurs authentifiés et des montants investi par société, avec la collaboration des souscripteurs et des banques où sont domiciliés les fonds des différentes sociétés d’Agrobusiness » Une option qui n’est pas partagée par un collectif de souscripteurs. Qui au lendemain de l’annonce, c’est-à-dire le lundi 6 février 2017, a rejeté la démarche indiquée plus haut. En leur nom, Ouattara Kouakou, leur porte- parole a dénoncé cette manœuvre de l’Etat de Côte d’Ivoire quand il dit : « Nous rejetons en bloc le communiqué du comité de veille et refusons le remboursement du capital investi sur la base des soi-disant fonds disponibles. Nous disons non, non et non car nous n’avons signé aucun contrat avec l’Etat Ivoirien, mais plutôt, avec nos partenaires que sont les entreprises Agrobusiness. Nous demandons le dégel pur et simple des comptes des entreprises Agrobusiness pour permettre à ces dernières, avec qui chaque souscripteur est lié par voire contractuelle, de payer nos Retours sur investissement( Rsi) et nous demandons la relaxe pur et simple des responsables des différentes structures » Ont-ils raison de prendre une telle position ? L’avenir nous le dira.
S. d’Avignon[...]

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Amani Djoni

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 Bilan et perspectives de la MUGEFCI avce SORO Mamadou PCA de la MUGEFCI

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Burkina : un poste de police attaqué dans le nord OUAGADOUGOU, 16 octobre (Xinhua) -- Le poste de police de Sollé, localité située au nord du Burkina Faso, a été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi par des assaillants non identifiés, a-t-on appris de sources locales. Des témoins contactés qui n'ont pas été à mesure de fournir un bilan, annoncent toutefois des dégâts matériels importants. Le nord du Burkina Faso est régulièrement la cible d'attaques terroristes depuis 2015. Dans un rapport intitulé "Nord du Burkina Faso : ce que cache le jihad", l'International Crisis Group appelle les autorités burkinabè à développer des réponses qui tiennent compte des dimensions sociales et locales de la crise dans cette partie du pays. Ce rapport, publié jeudi à Dakar, au Sénégal, se focalise sur la province du Soum, épicentre du conflit et lieu de naissance du groupe Ansarul Islam dirigé par Malam Ibrahim Dicko. Selon Crisis Group, longtemps épargné par les groupes armés actifs au Sahel, le Burkina Faso est confronté à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières visant la partie nord du pays. Le rapport souligne que l'insécurité au Nord du Burkina ne résulte pas uniquement d'un déficit de développement, d'une incompréhension entre un Etat central et un territoire lointain ou de l'influence négative d'un voisin en guerre. "Elle est surtout le résultat d'une crise profonde qui agite les groupes humains qui habitent les terroirs du Nord. C'est sur ces fractures très locales entre maîtres et sujets, dominants et dominés, anciens et modernes que Malam Dicko a bâti sa popularité". Pour Crisis Group, la résolution définitive de la crise dépendra en partie de la stabilisation du Mali ainsi que de la mise en place par le gouvernement et ses partenaires de plans efficaces de développement. Mais elle viendra aussi et surtout de la création de nouveaux équilibres sociaux et d'un règlement par les populations locales de leurs divisions actuelles. Fin
Zuma réaffirme son engagement en faveur de l'établissement d'une ZLEC en Afrique LE CAP, 9 octobre (Xinhua) -- Le président sud-africain Jacob Zuma a réaffirmé lundi l'engagement de l'Afrique du Sud en faveur de la création d'une zone de libre-échange continentale (ZLEC), comme le prévoit l'Union africaine (UA). L'Afrique du Sud prend très au sérieux les négociations de la ZLEC, car l'intervention a le potentiel de contribuer positivement à la croissance économique et au développement en Afrique, a déclaré M. Zuma, tout en répondant aux questions des parlementaires à l'Assemblée nationale. "Notre engagement à l'égard de la ZLEC est attesté par le fait que l'Afrique du Sud a accueilli la réunion de l'Assemblée des chefs d'Etats de l'UA qui a lancé les négociations de la ZLEC", a déclaré M. Zuma. L'UA a décidé en 2012 de créer la ZLEC d'ici octobre 2017 et la décision a été réaffirmée à Addis-Abeba (Éthiopie) en novembre 2016. L'objectif est de renforcer le commerce intra-régional et de faire en sorte que les pays africains font du commerce les uns avec les autres à de meilleurs conditions que celles des pays tiers. La ZLEC est également l'une des priorités de l'Agenda 2063 établi par l'UA. Apparemment se référant à des préoccupations sur peu de progrès réalisés dans la mise en place de la ZLEC, M. Zuma a indiqué que l'Assemblée des chefs d'Etats de l'UA reçoit régulièrement des informations sur les progrès. Chaque partie à la négociation procède à une évaluation souveraine des avantages de l'entrée dans les négociations de la ZLEC et fait en sorte que les avantages l'emportent sur les considérations négatives qui en découlent, a déclaré M. Zuma. En Afrique du Sud, les négociations de la ZLEC reçoivent la plus grande attention politique, a déclaré M. Zuma. Il a souligné que son pays fournirait les conseils nécessaires pour progresser rapidement vers la conclusion de la ZLEC. "Pour démontrer notre engagement à finaliser rapidement les négociations de la ZLEC, l'Afrique du Sud a récemment accueilli des réunions des groupes de travail techniques de la ZLEC et d'un forum de négociations du 20 août au 2 septembre 2017 à Durban", a déclaré le président sud-africain. En outre, l'Afrique du Sud a fait des propositions spécifiques pour la conclusion des négociations de la ZLEC, a-t-il ajouté. L'Afrique du Sud a avancé l'approche d'intégration au développement de la ZLEC qui combine l'intégration du marché, le développement industriel et d'infrastructure, selon M. Zuma. Cette approche garantit que l'Afrique s'attaque aux contraintes fondamentales au commerce intra-africain et à l'intégration de l'Afrique dans l'économie mondiale, y compris les contraintes liées à la production et à l'offre, a expliqué M. Zuma. L'Afrique du Sud soutient les accords de libre-échange qui reconnaissent expressément les différences de niveau de développement et créent par conséquent des obligations différenciées, a-t-il noté. "L'Afrique du Sud est donc résolue à faire en sorte que la ZLEC profite à tous les Etats membres de l'UA", a déclaré M. Zuma. L'Afrique du Sud défend également le maintien de l'espace de politique dans tout accord de libre-échange pour la promotion des objectifs nationaux de développement tels que l'industrialisation, l'accès à une santé publique abordable et l'introduction d'autres mesures de développement dans toutes les négociations de libre-échange auxquelles participe l'Afrique du Sud, y compris la ZLEC, a déclaré M. Zuma. Fin
L'UA appelle à des élections pacifiques au Liberia ADDIS ABEBA, 9 octobre (Xinhua) -- Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a exhorté tous les acteurs politiques du Liberia à assurer un processus électoral démocratique, crédible et pacifique à la veille des élections du pays prévues le 10 octobre. Selon un communiqué du bloc panafricain publié lundi, le président de la Commission de l'UA a appelé tous les Libériens, en particulier les dirigeants des partis politiques et leurs partisans, à aborder les prochaines élections présidentielles et de la Chambre des représentants avec le même esprit de tolérance. Il a exhorté la Commission électorale nationale à assurer l'impartialité, la transparence et la justice, afin d'assurer la légitimité et l'approbation des résultats électoraux. En faisant cet appel, M. Mahamat est conscient de l'importance historique de ces élections. Elles sont en effet les troisièmes depuis la fin des deux guerres civiles (1989-1997 et 1999-2003) au Liberia et marqueront le premier transfert de pouvoir démocratique dans le pays. Ces élections se dérouleront dans le contexte de la sortie du pays des conséquences dévastatrices de l'épidémie de la maladie à virus Ebola de 2014-2015, a indiqué le communiqué. Le président de la Commission de l'UA a réitéré l'engagement et le soutien de l'UA à la transition historique au Liberia visant à ancrer une culture de démocratie et de paix, condition préalable au développement socio-économique durable. Il a déclaré que l'UA continuerait à travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale, notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les Nations unies. Il a également souligné le rôle clé joué par la CEDEAO et l'ONU, notamment par la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) dans la stabilisation du pays. Le bloc panafricain a dépêché une équipe d'observateurs électoraux dirigée par l'ancien vice-président de la Commission de l'UA, Erastus Mwencha, et l'équipe comprend 14 observateurs à long terme et 50 observateurs à court terme. Fin
PARIS, 5 octobre (Xinhua) -- La Chine, qui est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique en 2009, peut jouer un rôle majeur dans son industrialisation, par les investissements et le partage de son savoir-faire, a affirmé Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l'OCDE, lors d'une récente interview accordée à Xinhua. "Beaucoup de pays ont eu ces dernières années des taux de croissance bien plus importants que dans les pays de l'OCDE. 83 pays ont eu plus que le double du taux de croissance des pays de l'OCDE en 2000 et 2010. Et cela s'explique aussi par le rôle de la Chine", a rappelé M. Pezzini. Par exemple, en termes de partenariat commercial, la Chine devient en 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique, et elle est également le principal partenaire d'autres pays, comme le Chili, le Brésil ou le Pérou, a-t-il expliqué. La Chine a fait aussi beaucoup d'investissements en Afrique, elle peut donc "sans aucun doute partager l'expérience qu'elle a mûrie en termes de construction de zones industrielles, ce que la Chine est déjà en train de faire", a indiqué l'économiste. Selon lui, la Chine devient de plus en plus un partenaire en matière de coopération Sud-Sud, et peut dans ce cadre également jouer un rôle important en Afrique. "Il y a par exemple un organisme en Chine, basé à Hong Kong, dont un des trois objectifs est de construire des projets dans lesquels il transfert le savoir-faire (chinois) dans la création de zones industrielles ailleurs qu'en Chine, et en utilisant l'expérience de la Chine", a souligné M. Pezzini. Fin

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