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Burkina Faso:Les mesures d'exclusion prises par les autorités de la transition mettent un coup d'arrêt à la tenue des élections présidentielle législatives



17-09-2015

Internationales

Lefaso.net 402 vus
Le général Diendéré, un proche de l'ancien président Blaise Compaoré a pris la tête des putschistes qui ont renversé ce jeudi les autorités de transition au Burkina Faso, mettant un coup d'arrêt à la tenue des élections présidentielle législatives prévues le 11 octobre.
A Ouagadougou, les militaires d'élite de l'armée avaient posté leurs véhicules blindés devant le palais présidentiel. Ils n'avaient pas hésité à tirer pour disperser les manifestants hostiles au coup d'Etat. Au moins une personne a été tuée par balle et une soixantaine de blessés depuis mercredi, selon un bilan d'un médecin du principal hôpital de Ouagadougou.Un couvre-feu nocturne et la fermeture des frontières terrestres et aériennes institués jusqu'à nouvel ordre.
Dénonçant "le régime déviant de la transition", ces derniers ont porté à la tête de leur "Conseil national pour la démocratie" (CND) le général de brigade Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré. Homme de l'ombre jusqu'à présent, le général Diendéré avait été impliqué dans le coup d'Etat qui porta au pouvoir son mentor en octobre 1987, au cours duquel avait été assassiné le capitaine Thomas Sankara, "père de la révolution" burkinabè.
Il a par ailleurs affirmé que l'ex-président n'était pas derrière ce putsch, assuré ne pas avoir eu de contact avec lui "ni avant, ni après" et s'est targué du "soutien de l'armée", au micro de la chaîne France 24. Le général Diendéré, ancien chef du corps d'élite sous le régime Compaoré, a assuré que le président et son gouvernement allaient "bien" et seraient "relâchés", sans plus de précisions. Auparavant, il avait justifié le coup d'Etat par les "mesures d'exclusion prise par les autorités de transition", en référence à un nouveau code électoral controversé interdisant aux partisans de l'ancien président de concourir à la présidentielle. Cette loi, adoptée par les autorités de transition, avait été invalidée par une cour de justice ouest-africaine.
Mercredi après-midi, des hommes de la garde présidentielle avaient fait irruption en plein Conseil des ministres, prenant en otages le président intérimaire Michel Kafando et son gouvernement, qu'ils retiennent toujours.
Moins d'un an plus tard, ils ont assisté impuissants à la proclamation, à la télévision nationale, d'un coup d'Etat perpétré par des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), corps d'élite de l'armée et garde prétorienne de l'ancien président.
Jeudi matin, le président de l'assemblée intérimaire (CNT) Cheriff Sy et le "Balai citoyen", un mouvement de la société civile, avaient appelé à la mobilisation. Mais à proximité du quartier du Palais présidentiel, les soldats du RSP ont accueilli les premiers manifestants par des tirs.Dans la capitale, grand marché, magasins et administrations étaient fermés.
Les syndicats avaient appelé à la grève et la plupart des commerces étaient fermés à Bobo-Dioulasso, la 2e ville du pays (ouest), où de nombreux habitants sont descendus dans la rue et la maison d'un membre du CDP a été incendiée. Des protestations ont eu lieu ailleurs en province.
Le coup d'Etat a été unanimement condamné par la communauté internationale: le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union africaine, l'Union européenne, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest ont réclamé la libération du président Kafando et de son gouvernement.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pressé jeudi les militaires burkinabés de "faire preuve de retenue et de respecter les droits de l'homme et la sécurité" de la population.
Le président français François Hollande a lui condamné un "coup d'Etat" et appelé à la "remise en place" des institutions, tout en assurant que les militaires français sur place n'interviendraient pas. La France dispose de 220 soldats des forces spéciales françaises à Ouagadougou, dans le cadre de son opération antijihadistes Barkhane.
L'ONG Amnesty International a demandé aux putschistes de "cesser toute répression violente contre les manifestants et de libérer les dirigeants arbitrairement détenus", jeudi dans un communiqué.
Le RSP, qui compte 1.300 hommes, avait déjà à plusieurs reprises perturbé la transition et le coup d'Etat intervient deux jours après qu'une commission du régime de transition eut recommandé la dissolution de cette unité pour la fondre dans les effectifs du reste de l'armée, restée très discrète depuis mercredi.
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