Dr Koffi Edmond( porte parole du collectif des syndicats du CNRA):  » Le succès de l’ agriculture de notre pays repose sur la recherche agronomique »

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Dr Koffi Edmond est le porte parole du collectif des syndicats du Centre National de Recherche Agronomique( CNRA). Nous l’ avons rencontré pour parler entre autres, de la récente grève des travailleurs de cet institut.

– Dr Koffi vous êtes le porte parole du collectif des syndicats du CNRA.Comment va cet institut ?

– Comme vous le savez en tant que partenaires sociaux et employé du Centre National de Recherche Agronomique, nous n’ avons pas la gestion du CNRA donc il nous est difficile de dire comment il va. Nous faisions le constat comme les autres travailleurs de l’ état de fonctionnement du CNRA. Les salaires du mois d’ août sont en cours de paiement. comme convenu avec l’ administration par l’ entremise de notre ministre de tutelle Pr Adama Diawara nous attendons que les primes du deuxième trimestre soient payées à la fin du mois de septembre. Nous espérons qu’ après le paiement des salaires le Directeur général va s’ y atteler pour rester en conformité sur quoi nous nous sommes entendus et qui a prévalu au moment de la suspension de notre mot d’ ordre de grève.

– Vous avez récemment déclenché une grève pour avoir des meilleures conditions de travail. Avez vous obtenu satisfaction ?

– Nous avons en partie obtenu satisfaction.Parce que concernant les deux premières revendications dont le paiement des salaires, celui de juillet a été payé avant la date conventionnelle. L’ autre revendication était le paiement des primes de recherche du 4ème trimestre 2019, et 1er et 2ème trimestre 2020.Nous avons obtenu l’ accord de l’ administration pour le paiement de deux primes. Nous souhaitons que le paiement des primes du 2ème trimestre ne traîne pas pour que cela ne vienne pas compromettre l’ accord conclu et qui a permis de suspendre le mot d’ ordre de grève.

Indépendamment des ces deux points, tout un ensemble d’ autres éléments en rapport avec les revendications des travailleurs comme par exemple le reversement des prélèvements Bni qui sont reversées sur les salaires des travailleurs sont attendus. Il y a aussi le reversement des cotisations de le Musa pour permettre aux travailleurs de mieux se soigner, la question du profil de carrière à travers la publication des évaluations de 2012 à 2016, la reconnaissance au plan financier des grades obtenus et des échelons acquis par les travailleurs. Il y a aussi la question des deux années de flottement entre la fin de l’ évaluation et la date de prise d’ effet donc 24 autres mois à reconsidérer comme élément à satisfaire.Ensuite il y a l’ application du Smig, la catégorie Oej dont nous avons demandé la suppression parce que cela ne correspond pas à grand chose en terme de confort aux travailleurs. Voilà tous ces éléments qui ne sont pas encore réglés. Nous avons adressé un courrier à notre Directeur général pour qu’ une proposition d’ échéancier soit faîte, de sorte que cela nous permette d’ engager des échanges notre administration pour que nous nous mettions d’accord sur le règlement des éléments financiers qui sont en suspend.

– Y a- il autre grief?

– Nous attendions la réponse de notre DG sur la question de la satisfaction de ces préoccupations quand nous avons été surpris il faut le dire par la décision du directeur général aux travailleurs occupants des logements du CNRA de contribuer à la charge d’ électricité.Alors que concernant ce dossier nous avons rencontré nos autorités en 2019 dont le président du conseil d’ administration,pour échanger et convenir qu’ il serait intéressant qu’ il y ait des préalables à lever. Que des compteurs soient posés partout où il y a un travailleur qui occupe un logement aussi bien à Abidjan que dans les administration régionales. Nous avons aussi fait le constat que des personnes ne travaillant pas au Cnra utilisent à notre avis de façon frauduleuse l’ électricité du CNRA. Soit on donne à ces personnes des compteurs et on les identifie, soit on leur supprime l’ électricité pour que cela baisse la consommation.Il ya des questions que nous voulons voir élucider avant que le travailleur lui-même soit appelé à payer une charge contributive à la consommation de l’ électricité. Nous osons croire que le Directeur général qui nous oppose la main tendue en disant que ses portes sont ouvertes va nous appeler pour que nous puissions échanger et nous mettre d’accord afin que les travailleurs fassent la part qui leur est demandé.

– Quel est l’ état des relations entre les syndicats et la Direction générale?

– Nous sommes des partenaires sociaux et attirons l’ attention de l’ administration sur les questions qui ne sont pas suffisamment traitées, ou qui ne sont pas bien perçues et qui peuvent entraver les bonnes relations entre l’ administration et nous.C’ est ce que nous avons toujours fait en relevant les préoccupations des travailleurs.Pour nous il s’ agit d’ aller ensemble et non en rang dispersé. Nous recherchons le bien-être des travailleurs et je crois que c’ est aussi la préoccupation de l’administration.C’ est pourquoi nous n’ avons pas compris que le DG nous adresse un courrier sur la charge contributive d’électricité sans échange préalable. Nous pensons que notre responsable va prendre de la hauteur pour nous appeler pour discuter, pour qu’ il n y ait plus de climat d’ opposition.

– Selon vous qu’ est ce qui retarde la mise en application des recommandations du conseil des ministres du 30 mai 2018?

– Ce qui retarde l’ application de ces recommandations c’ est un peu la complexité du CNRA. Il y a deux problèmes à solutionner avant que cela ne laisse la voix à la restructuration à proprement parlé. Il s’ agit de la question du foncier et du statut du CNRA.A ce jour le Cnra est une société à participation minoritaire de l’ état à hauteur de 40%. Avec la restructuration il faut voir si le cnra sera toujours une société d’ état ou une société anonyme avec participation majoritaire de l’État. La recherche agronomique s’ appuie sur le foncier et il n’ est pas question que ce foncier soit érodé de quelque manière que ce soit.Il faut rappeler que le cnra a hérité de l’ État de Côte d’ Ivoire 22.500 hectares et lors d’ une de nos rencontres avec l’ ancien ministre de l’ enseignement supérieur Sery Bailly, il nous avait dit de faire en sorte qu’ aucun centimètre ne soit perdu. Nous sommes surpris que le même État qui nous a donné la parcelle à conserver accepte de nous amputer de certaines parties de ce patrimoine pour la construction des édifices à caractère social. Une fois que ces deux points seront réglés il va rester le point important de la restructuration qui concerne le personnel, qui sera réglé en fonction du statut du CNRA.

– Quelle est l’ importance du CNRA sur l’ économie nationale?

– Le père fondateur le président Houphouët Boigny a dit que le succès de la Côte d’Ivoire repose sur l’ agriculture. Je vais paraphraser en disant que le succès de l’agriculture repose sur la recherche agronomique. Le gouvernement a signifié cela en consacrant le CNRA en conseil des ministres comme structure leader de la recherche agronomique en Côte d’Ivoire. Cela signifie que le CNRA s’ ouvre à d ‘ autres structures de recherche en tant que point central pour la conduite de la recherche agronomique avec les universités et les grandes écoles. Par ailleurs, la production des différentes spéculations que le CNRA a permis à travers sa recherche de bonifier, contribuent au plan social à permettre aux paysans qui les cultivent de s’ assumer pleinement. Au niveau du cacao par exemple, la Côte d’Ivoire est passé à 800.000 tonnes à plus d’ un million de tonnes. Le cacao contribue à 12% au produit intérieur brut ( Pib). Quand on prend toutes les spéculations cela contribue à 30% du pib. A cela il Faut ajouter le volet transport des différents produits. Il y a aussi l’ aspect de la sécurité alimentaire qu’ on passe souvent sous silence. Avec les nouvelles variétés d’ igname, de banane, de manioc, on peut produire jusqu’à 40 tonnes à l’ hectare. Cela permet aux populations de s’ alimenter.C ‘ est un élément fondamental de la contribution du CNRA. Au delà il y a les résultats scientifiques qui sont partagés au niveau régional et international.

– Au niveau de la recherche agronomique, après le cacao mercedes quels sont les nouvelles pistes pour booster l’agriculture?

– La recherche continue.Si l’État a décidé d’ accorder au cnra le statut de leader dans la recherche agronomique, cela veut dire que c’ est une volonté forte.Nous attendons que cette volonté soit manifeste de manière concrète. Il ya certes l’ appui de 300 millions de l’ État au cnra, mais il faut des équipements , la mise en oeuvre effective des activités de recherche par le financement de ces activités. Ce qui permettra d’ avoir des résultats plus probants. Nous avons dépassé l’ étape du cacao mercedes et du café émergent. Il faut aller au delà car il y a des enjeux de changements climatiques pour lesquels il faut trouver des variétés inadaptées à certaines zones écologiques. Il y a aussi la question de l’ eau, de la transformation qui sint autant de défis à relever.

– Pour conclure quelles sont les perspectives du collectif des syndicats du CNRA?

– Les perspectives c’ est de travailler en bonne intelligence avec notre administration, surtout que nous avons une oreille attentive de notre ministre de tutelle. Nous souhaitons que si un problème survient, qu’ on puisse le circonscrire. Nous souhaitons maintenir le dialogue à travers les échanges, afin que les préoccupations trouvent une solution pour le bonheur des travailleurs, afin que nous puissions travailler dans la quiétude. L’ un des notres a obtenu le prix mondial sur la recherche sur le caoutchouc, ce qui prouve internationale de nos recherches.
Réalisée par Calvin Wandji

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